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Ces dandys barbus qui décoiffent le Moyen-Orient

La mode du "hipster" débarque dans la région. Derrière le style, se cachent des revendications progressistes.

Des membres du club Mr.Erbil.
Des membres du club Mr.Erbil.
DR

Des «hipsters» au Moyen-Orient? A Erbil, capitale du Kurdistan irakien, de plus en plus de jeunes hommes adoptent un look qui détone: barbe très soignée, coiffure structurée, moustache taillée, costumes excentriques et montre à gousset… Leurs styles n’ont rien à envier à ce qu’on peut voir dans les plus grandes capitales de la mode.

Passion pour la haute couture ou excès de coquetterie? Pas seulement. Derrière le style de dandy ultra-looké se cache un véritable engagement politique. En effet, la plupart de ces jeunes gens font partie du mouvement «Mister Erbil», un club de gentlemen à la fibre sociale et féministe, créé en février. Leur région est alors en première ligne de la lutte contre le groupe Etat islamique (Daech), la crise économique est catastrophique et les travaux de restauration de la citadelle d’Erbil, classée par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’Humanité, sont au point mort.

Un poil féministe

Dans un pays où le contexte politico-économique est difficile, ce groupe de jeunes tente d’avoir une influence positive sur une société kurde plutôt conservatrice. Et il s’engage dans de nombreux combats. «Nous essayons de sensibiliser les citoyens sur plusieurs thématiques, comme le droit des femmes, la protection de l’environnement et la situation économique du pays», explique Omer Nihad, l’un des cofondateurs du mouvement, dans une interview accordée à la chaîne France 24. Il faut que l’attitude des hommes change envers les femmes, que nous les aidions davantage à s’intégrer dans la société».

Ainsi, sur leur page Facebook, le club propose d’aider financièrement les femmes désirant lancer leurs propres entreprises. Quant à leurs habits, ils ne portent que du «made in Kurdistan». Un moyen de soutenir l’artisanat et le marché local.

Ces dandys tentent aussi de trouver des investisseurs à l’étranger, prêts à payer pour soutenir leur cause. Avec un certain succès. Leur notoriété est de plus en plus importante: le club de gentlemen a près 90 000 abonnés sur Instagram. Et à Erbil, ils reçoivent des demandes d’admission presque tous les jours.

(Source : Youtube)

La barbe contestataire

En Afghanistan, la mode «hipster» est aussi en vogue chez les jeunes gens entre 20 et 35 ans. La barbe est entretenue et taillée, loin de celle hirsute et fournie imposées sous le régime taliban. Pour certains, elle est un signe de contestation. En témoigne un reportage fait par la journaliste Sonia Ghezali pour RFI. Pour elle, la mode et le culte du corps chez les jeunes Afghans sont des «moyens de défier l’obscurantisme des extrémistes religieux».

Pour Ahmed Zai, commerçant de 23 ans à Kaboul, le style définit la personne. Le jeune homme passe des heures sur Internet à regarder des photos de stars du cinéma turc, indien, européen, américain. Il examine à la loupe les styles de barbe, les coupes de cheveux, les tenues vestimentaires. Et assure que son look étudié à l’extrême n’est pas seulement là pour séduire. «Une belle tenue est importante parce qu’elle révèle notre personnalité. Etre soi-même, c’est avant tout montrer qui l’on est.»

Un défi au patriarcat

Le look dandy semble s’exporter ailleurs qu’en Irak et en Afghanistan. Causes politiques ou sociales mises à part, on observe de plus en plus d’hommes prenant soin de leurs apparences au Moyen-Orient. Une pratique qui devient culturellement acceptable, dans des pays conservateurs où le patriarcat est roi et où le registre de la beauté est généralement cantonné aux femmes.

Aux Emirats arabes unis, prendre soin de sa barbe est presque devenu un culte. Les «barbershops» (salon de barbier) se sont répandus à Dubaï ces dernières années. «Il est devenu acceptable que les hommes soient aussi fiers de leurs looks que les femmes», témoigne Nidal Rafiq Malaeb, barbier à Dubaï, dans le quotidien émirati The National. La barbe n’est pas forcément un signe religieux et culturel. C’est aussi un moyen d’être à la mode, de plaire et de faire une première bonne impression.»

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