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«Gilets jaunes»Deux CRS condamnés à de la prison avec sursis

Très attendus, les verdicts des premiers procès de policiers poursuivis pour «violences volontaires» en France ont été rendus jeudi.

«Gilets jaunes»: premier procès d'un policier.

Un geste «d'exaspération» pour le premier, une «réponse parfaitement illégitime» pour le second: deux policiers, accusés de violences sur des manifestants le 1er mai ont été condamnés jeudi à de la prison avec sursis, l'un pour un jet de pavé, l'autre pour deux gifles.

«Absolument pas nécessaire»

C'est la première fois, depuis le début du mouvement des «gilets jaunes», en novembre 2018, que des policiers sont condamnés pour des violences envers les manifestants, qui n'ont eu de cesse de dénoncer la répression des forces de l'ordre.

Le premier, un CRS de 44 ans qui a lancé un pavé en direction de manifestants «gilets jaunes», a été condamné à deux mois de prison avec sursis mais pourra continuer d'exercer car le tribunal a décidé de ne pas inscrire la peine sur son casier judiciaire.

Ce policier était poursuivi par le tribunal correctionnel de Paris «pour violences volontaires de la part d'une personne dépositaire de l'autorité publique» lors de la mobilisation du 1er mai dans la capitale, marquée par de nombreux heurts. Le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis.

Sur les images, on voyait ce CRS, entouré de collègues de sa compagnie de Toulouse, se saisir d'un pavé au sol, prendre de l'élan et le lancer vers des manifestants, qui se tenaient à «environ huit mètres». Les images ne montrent pas où a atterri le projectile.

«Votre réaction n'était absolument pas nécessaire à la légitime défense», a souligné le président, évoquant un geste «d'exaspération, de panique, de représailles aux jets de projectiles» mais aussi des «circonstances éprouvantes» toute cette journée.

Le second CRS, poursuivi pour avoir donné deux gifles à un manifestant, toujours lors du défilé du 1er mai, a écopé d'une peine de quatre mois avec sursis. Le parquet avait requis cinq mois.

Le policier devra verser 1000 euros au manifestant pour les dommages et intérêts. Le tribunal a aussi accordé que la condamnation ne soit pas inscrite au casier judiciaire du policier afin qu'il puisse continuer sa carrière.

Dans la vidéo, diffusée jeudi à l'audience, on entend d'abord des insultes proférées par le policier («Casse-toi connard»). Le policier affirme avoir donné deux gifles après avoir entendu: «Sac à merde», puis «Casse-toi toi». Le manifestant nie avoir prononcé les mots «Sac à merde». On voit le policier gifler le manifestant, dont la mère cherche à s'interposer.

«Défiance»

Ce dossier «illustre parfaitement les rapports difficiles entre citoyens et forces de l'ordre», a souligné la procureure. «La défiance à l'égard des institutions est dangereuse, mais celle à l'égard des manifestants l'est tout autant», a-t-elle ajouté. Dans ses derniers mots, le prévenu a présenté ses excuses au manifestant. «J'ai admis avoir commis une erreur. Je vous présente sincèrement mes excuses, je n'ai jamais eu l'intention de vous blesser et ou de vous humilier».

Pour le secrétaire national du syndicat Unité SGP-Police, Grégory Joron, la première décision constitue un «message assez trouble envoyé aux forces de l'ordre». «C'est une affaire symbolique» et «pas une bonne nouvelle pour les policiers», a-t-il dit à l'issue de l'audience.

Depuis le début de leur mouvement de contestation sociale il y a un an, les «gilets jaunes» dénoncent régulièrement les «violences policières», l'usage des grenades et lanceurs de balles de défense (LBD) et certains ont porté plainte.

Selon des chiffres communiqués le 7 novembre par le parquet de Paris, 212 enquêtes ont été confiées à Paris à l'IGPN, la «police des polices». Parmi elles, 54 procédures ont été classées sans suite et 18 autres ont conduit à l'ouverture d'une information judiciaire.

Selon le décompte du journaliste David Dufresne établi avant la journée d'action de samedi dernier, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement.

(ats)

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