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PétroleLa crise s'aggrave en Equateur

Les Equatoriens protestent contre la hausse des prix du carburant décidée cette semaine par Quito.

Plusieurs barrages ont été érigés sur la route Panaméricaine.
Plusieurs barrages ont été érigés sur la route Panaméricaine.
AFP

La crise déclenchée en Equateur par une forte hausse des prix des carburants s'est poursuivie samedi avec des blocages de routes par des paysans et des indigènes. A Oton, au nord de la capitale Quito, le trafic a été interrompu sur la route Panaméricaine, où des barrages ont été érigés avec de grands arbres, des tonnes de terre et des pneus de camion.

Ces barrages ont été édifiés en plusieurs points de la route ainsi qu'à l'entrée du village de Pambamarquito, où environ 200 manifestants, parmi lesquels des femmes armées de machettes, protestaient contre la suppression par le gouvernement du président Lenin Moreno de subventions publiques des carburants.

L'élimination de ces subventions d'un montant total de 1,3 milliard de dollars - l'économie de l'Equateur est dollarisée - a entraîné des hausses des prix des carburants allant jusqu'à 123%. Le gallon américain (3,79 litres) de diesel est passé de 1,03 dollar à 2,30 dollars et le gallon d'essence ordinaire de 1,85 à 2,40.

«C'est une grève illimitée»

Des manifestations ont lieu quotidiennement depuis mercredi dernier, jour où le président Moreno a annoncé la suppression des subventions dans le cadre d'un accord entre l'Equateur et le Fonds monétaire international (FMI). En échange de l'élimination de ces subventions, Quito peut accéder à des crédits d'un montant de 4,209 milliards de dollars.

Les autorités ont répertorié samedi des blocages de routes dans les provinces de Pinchicha, Cotopaxi, Imbabura, Loja, Tungurahua et Morona Santiago. «C'est une grève illimitée. Nous avons pris une décision ferme, nous sommes en lutte», a déclaré Peter Calo, un dirigeant indigène de la province de Cotopaxi.

Lenin Moreno a instauré jeudi l'état d'exception pour une durée de 60 jours et a chargé les forces armées de rétablir l'ordre, alors que des troubles affectaient Quito et le port de Guayaquil, centre commercial du pays, dans le sud-ouest. Des groupes de militaires et de policiers effectuaient samedi des patrouilles dans les banlieues de Quito.

Les écoles sont fermées depuis jeudi. Les transporteurs ont fait grève jeudi et vendredi puis ont cessé leur mouvement sans avoir obtenu les hausses des tarifs des transports qu'ils réclamaient pour compenser la hausse des carburants. Les protestations, auxquelles ont participé des étudiants et des opposants au président Moreno, ont fait 59 blessés parmi les forces de l'ordre et 379 personnes ont été arrêtées, selon le dernier bilan du gouvernement vendredi.

(AFP)

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