Crimes de guerre: soldat d'élite US «non coupable»

Guerre en IrakUn membre des forces spéciales américaines a été jugé mardi «non coupable» du meurtre d'un adolescent en Irak en 2017.

Edward Gallagher et son épouse le 21 juin 2019 au tribunal de San Diego.

Edward Gallagher et son épouse le 21 juin 2019 au tribunal de San Diego. Image: AFP

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Un sous-officier des forces spéciales américaines a été reconnu mardi «non coupable» du meurtre à coups de couteau d'un prisonnier adolescent lors d'une mission en Irak en 2017. Il comparaissait devant un tribunal militaire de San Diego pour crimes de guerre.

Agé de 40 ans, Edward Gallagher a aussi été acquitté pour deux tentatives de meurtre sur des civils irakiens. L'homme, bardé de médailles, a en revanche été reconnu coupable d'avoir posé à côté du corps du jeune homme en compagnie d'autres soldats.

Le chef Gallagher va ressortir libre après cette condamnation, passible d'une peine maximale de quatre mois de prison. Il a déjà passé neuf mois aux arrêts sur une base navale lors de l'instruction du dossier.

Le procès a duré deux semaines. Le militaire, qui risquait la prison à vie, a toujours démenti toutes les accusations portées contre lui. Ses avocats affirmaient qu'il était la victime d'une «cabale» ourdie par des subordonnés souhaitant son départ. Ce sont des hommes placés sous ses ordres dans une unité des célèbres «Navy SEALs», commandos d'élite de la marine américaine, se disant horrifiés par les actes de leur supérieur, qui avaient donné l'alerte.

Adolescent poignardé

Les faits qui lui étaient reprochés portaient sur sa présence en 2017 à Mossoul, en Irak, où des troupes américaines avaient été déployées aux côtés des forces irakiennes pour reprendre des quartiers de la ville aux mains des combattants du groupe Etat Islamique (EI).

En mai de cette année, les forces irakiennes avaient capturé un combattant ennemi blessé, qui semblait âgé d'environ 15 ans. D'après des témoignages de membres des SEALs, alors qu'un médecin était en train d'administrer des soins au jeune homme, le chef Gallagher s'était approché sans un mot et avait poignardé le prisonnier à plusieurs reprises dans le cou et la poitrine avec un couteau de chasse. Quelques minutes plus tard, Edward Gallagher et son officier commandant avaient rassemblé des commandos présents pour une séance de photo près du corps, comme un trophée.

Un autre soldat s'accuse

Lors du procès, un autre Navy SEAL appelé à la barre pour témoigner avait créé la surprise le 20 juin en s'accusant du meurtre du prisonnier. Corey Scott avait affirmé au tribunal que si Edward Gallagher avait bien poignardé la victime, c'était lui-même qui avait causé sa mort par asphyxie en bouchant avec son pouce le tube inséré dans la trachée du blessé pour l'aider à respirer.

Il a affirmé avoir ainsi voulu épargner au prisonnier des tortures que des membres des forces armées irakiennes allaient, selon lui, lui infliger. Corey Scott n'a jamais endossé la responsabilité du meurtre lorsqu'il a été interrogé par les enquêteurs de la Marine, a relevé l'accusation, qui estime que le soldat a menti pour couvrir son chef. Corey Scott faisait partie des témoins ayant obtenu l'immunité.

Injustement poursuivi

Au yeux de nombreux Américains, Edward Gallagher faisait figure de héros de guerre injustement poursuivi. Un groupe de parlementaires a fait campagne pour sa remise en liberté, campagne relayée par la chaîne de télévision Fox News, prisée des conservateurs, et le président Donald Trump lui-même s'était ému du sort réservé au soldat, évoquant la possibilité de le gracier s'il était condamné. (ats/nxp)

Créé: 03.07.2019, 00h55

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