La cour constitutionnelle fait libérer 2 journalistes

TurquieLa cour constitutionnelle turque a ordonné jeudi la libération des journalistes Mehmet Altan et Sahin Alpay, emprisonnés à la suite du putsch manqué.

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La cour constitutionnelle turque a ordonné jeudi la libération de deux journalistes emprisonnés à la suite de la tentative de coup d'Etat de 2016, arguant que leurs droits ont été violés, ont rapporté des médias locaux. Des dizaines de journalistes sont actuellement jugés.

Cette décision pourrait faire jurisprudence. Mais deux cours pénales ont refusé de remettre en liberté les deux journalistes après avoir réexaminé leur cas à la lumière de la décision de la cour constitutionnelle, rapporte l'agence de presse Anatolie.

Ces décisions ont été dénoncées par Sezgin Tanrikulu, député du parti républicain du peuple, principal parti d'opposition. L'élu a écrit sur Twitter que les journalistes étaient emprisonnés à tort et que le refus de les libérer était illégal.

Onze juges, sur les dix-sept qui composent la cour constitutionnelle, ont estimé que les droits de Mehmet Altan et Sahin Alpay avaient été violés. Ils ont voté en faveur de leur libération, précise le quotidien d'opposition Cumhuriyet.

Les deux journalistes sont détenus depuis plus d'un an pour «appartenance à une organisation terroriste» et «tentative de renversement» du gouvernement, des accusations qu'ils nient. Ils ont affirmé que leur arrestation était illégale et que leurs droits et libertés avaient été violés lors de leur mise en détention provisoire.

50'000 personnes emprisonnées

La cour a estimé que les droits d'un troisième journaliste, Turhan Gunay, libéré en septembre dans le cadre d'une autre affaire, avaient aussi été violés. M. Altan, professeur en économie et intervenant dans les médias libéraux, et M. Alpay, un éditorialiste, ont tous les deux été arrêtés dans le cadre de la vaste purge opérée par Ankara après le putsch manqué du 15 juillet 2016.

Depuis cette tentative de coup d'Etat, attribuée par le gouvernement au prédicateur en exil Fethullah Gülen, plus de 50'000 personnes ont été emprisonnées, plus de 150'000 ont été suspendues de leurs fonctions ou limogées dans des secteurs comme l'armée, la police ou encore l'enseignement, tandis que 130 organes de presse ont été fermés.

Environ 160 journalistes ont été emprisonnés en Turquie, d'après l'association des journalistes, soit le nombre le plus élevé au niveau mondial selon différents organismes internationaux. (ats/nxp)

Créé: 12.01.2018, 00h57

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