Les contrats de Vitol dans le viseur de la justice genevoise

Paradise PapersLe Ministère public genevois a saisi des documents suite aux révélations mercredi de contrats passés entre Vitol et une filiale de Seven Energy à Londres.

Un oléoduc dans le delta du Niger au Nigeria.

Un oléoduc dans le delta du Niger au Nigeria. Image: Keystone

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Suite aux révélations des Paradise Papers, le parquet genevois a étendu son enquête sur le magnat du pétrole nigérian Kola Aluko. Les autorités ont saisi cette semaine des documents, annonce l'ONG Public Eye dans un communiqué. Mercredi, la cellule enquête du "Matin Dimanche" révélait des contrats de Vitol, le géant pétrolier basé à Genève, avec une filiale de Seven Energy. L’entreprise aurait obtenu des droits pétroliers après que Kola Aluko aient versé des pots-de-vin à l’ancienne ministre du pétrole du Nigeria.

En 2010, alors qu’il était cadre de Seven Energy, Kola Aluko a négocié avec l’Etat nigérian l’accès à des contrats pétroliers. Ces accords étaient très désavantageux pour le Nigéria.

Depuis 2015, la justice américaine, les autorités de lutte contre la corruption nigérianes et anglaises et le Ministère public genevois enquêtent sur lui. Ils le soupçonnent d’avoir corrompu la Ministre du pétrole. Selon une plainte déposée au Texas, Kola Aluko et un co-accusé auraient acheté des biens immobiliers d’une valeur de 15 millions de francs pour la ministre.

Grâce aux contrats signés à l’époque par Kola Aluko, Seven Energy possède les droits sur 55% du pétrole issus de trois forages. D’autres contrats, révélés par les Paradise Papers, montrent que Vitol, le géant genevois du négoce, est entré en affaires avec Seven Energy. L’un des contrats assure un crédit de 25 millions de dollars à l’entreprise nigériane. Seven Energy elle-même ne fait pas l’objet d’une enquête et Vitol maintient qu’elle ne fait pas d’affaires avec des sociétés corrompues.

L’ONG Public Eye écrit que les Paradise Papers «jettent une lumière crue» sur les affaires d’entreprises suisses actives dans le secteur des matières premières comme Glencore ou Vitol: «Le système offshore leur permet de cacher des relations d’affaires présentant des risques manifestes de corruption ou de conflit d’intérêts.» L’organisation appelle à une régulation de ce secteur et davantage de transparence.


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(TDG)

Créé: 11.11.2017, 15h31

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