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CriseLa situation humanitaire se dégrade au Yémen

Le CICR indique samedi que trois convois d'aide humanitaire à destination du Yémen sont toujours bloqués.

Selon le CICR, des gens meurent toutes les heures au Yémen. Ici, un homme reçoit des soins dans un hôpital d'Aden en présence d'un membre du CICR. (26 mars 2015)
Selon le CICR, des gens meurent toutes les heures au Yémen. Ici, un homme reçoit des soins dans un hôpital d'Aden en présence d'un membre du CICR. (26 mars 2015)
AFP

La situation humanitaire critique au Yémen a poussé la Russie a réclamer samedi 4 avril à l'ONU une pause dans la campagne de frappes aériennes de la coalition arabe qui lutte depuis fin mars contre les rebelles chiites Houthis.

La campagne militaire menée par l'Arabie saoudite, lancée le 26 mars, a ralenti l'avancée des Houthis, liés à l'Iran, qui cherchent à s'emparer d'Aden, la grande ville du sud, après avoir pris la capitale Sanaa et des régions du nord et du centre du pays. Mais les combats ont déjà fait plus de 500 morts selon l'ONU.

Sur le terrain, les insurgés font face à la résistance des «Comités populaires», une force paramilitaire soutenant le président Abd Rabbo Hadi Mansour qui, devant la progression rebelle, a quitté précipitamment son fief d'Aden pour se réfugier en Arabie saoudite où il a été rejoint samedi par son Premier ministre démissionnaire Khaled Bahah, arrivé à Ryad pour une tournée régionale.

Appel au Conseil de sécurité

A New York, la Russie, qui a appelé à une réunion du Conseil de sécurité, a déposé samedi un projet de résolution aux Nations unies demandant une pause dans les raids aériens le temps de permettre l'évacuation des étrangers, a expliqué à l'AFP une source diplomatique du Conseil.

Pour sa part, le comité international de la Croix Rouge (CICR) a lancé un appel à une pause humanitaire de 24 heures afin d'apporter un soutien médical à la population, s'alarmant de la situation dans le pays.

Les combats à Aden depuis l'entrée des Houthis le 25 mars ont fait «185 morts et 1.282 blessés», dont «75% des civils», a dit à l'AFP le chef du département de la Santé, Al-Khader Lassouar.

Bilan partiel

Ce bilan partiel n'inclut pas les victimes rebelles, a-t-il précisé. Selon une source militaire, au moins 13 rebelles ont été tués dans de nouveaux raids nocturnes de la coalition et des bombardements de la marine à Aden.

M. Lassouar a appelé les organisations internationales et les monarchies arabes du Golfe, qui participent à l'opération «Tempête décisive», à apporter une assistance médicale d'urgence aux hôpitaux d'Aden.

«Les stocks de médicaments se sont épuisés et les hôpitaux ne parviennent plus à faire face au nombre croissant des victimes», a-t-il dit. La veille, la marine de la coalition avait acheminé un stock de vivres et de médicaments à Aden.

L'ONU et les organisations humanitaires s'inquiètent du nombre croissant de victimes civiles dans le conflit au Yémen, déclenché par une offensive des rebelles contre Sanaa en 2014, officiellement pour exiger la démission du gouvernement accusé de corruption et contester un projet de constitution qu'ils jugeaient injuste.

Civils en danger

L'organisation Action contre la Faim a prévenu que les raids et le combats accentuaient «la vulnérabilité des civils».

Jeudi, la responsable des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos, «extrêmement inquiète», a fait état de 519 morts et de 1.700 blessés en deux semaines de combats au Yémen.

Et le CICR a déploré la mort vendredi à Aden de deux agents humanitaires yéménites alors qu'ils secouraient des blessés, trois jours après la mort d'un employé du Croissant rouge yéménite à Dhaleh (sud).

Plus d'armes

Pour la deuxième nuit consécutive, la coalition arabe a parachuté près du port d'Aden un lot d'armes et de munitions pour les pro-Hadi.

L'un de ces derniers, Ahmad Qassem al-Shaawi, s'en est félicité. «Si Dieu le veut, nous serons victorieux et mènerons courageusement et héroïquement la lutte», a-t-il dit.

Devant l'insécurité croissante, la Jordanie a annoncé avoir évacué vendredi 48 de ses ressortissants du Yémen par voie terrestre, via l'Arabie saoudite, au lendemain de l'évacuation de dizaines d'Egyptiens.

Les ambassades sont fermées à Sanaa depuis sa prise par les Houthis fin janvier, et les employés étrangers de l'ONU et des sociétés ont déjà été rapatriés.

Pillage en masse

Autre signe du chaos, un collectif de tribus sunnites a pris dans la nuit le contrôle d'Al-Shihr, la deuxième ville de la province du Hadramout (sud-est), selon des habitants. Elles sont intervenues pour mettre fin à des actes de pillage dans un camp militaire déserté, selon un responsable.

Des centaines de combattants du collectif ont samedi afflué à Moukalla, chef-lieu du Hadramout, pour reprendre cette ville à Al-Qaïda qui la contrôlait depuis vendredi après avoir donné l'assaut contre la prison centrale et libéré 300 détenus, dont un de ses chefs, selon des habitants.

A Dhaleh, les rebelles ont ouvert les portes d'une prison et laissé partir plus de 500 personnes qui y étaient incarcérées, selon une source militaire, qui redoute «une anarchie généralisée» dans le pays.

(ats)

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