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CICR: mieux protéger les données des bénéficiaires

Le CICR lancera un projet pilote en 2020 auprès de migrants pour améliorer l'utilisation de données personnelles.

illustration, Keystone

Des millions de bénéficiaires d'assistance humanitaire acceptent l'utilisation de données personnelles pour être aidés. Le CICR oeuvre à une plateforme numérique pour garantir un lien sécurisé avec eux. Un projet pilote doit être lancé en 2020 auprès de migrants.

Sur la crise des migrants, environ 1500 applications ont été lancées par différents acteurs. Mais une centaine seulement étaient régulièrement utilisées. En revanche, «il n'y a pas d'application qui rassemble les bénéficiaires et le secteur humanitaire», a expliqué jeudi un responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Un «environnement sécurisé»

En marge d'une expérience pour le public sur la place des Nations à Genève, il explique que des centaines d'entretiens ont été menés depuis un an et demi auprès de migrants dans différentes régions pour évaluer leurs besoins sur cette question.

L'objectif est de pouvoir lancer un «environnement sécurisé» avec d'autres acteurs comme la Fédération internationale des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ou le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Ce dispositif permettrait de donner des indications sur l'hôpital le plus proche soutenu par le CICR ou de permettre aux bénéficiaires de dialoguer sans que ceux-ci doivent redouter une exploitation de leurs données par des tiers.

La protection des données humanitaires dans le cadre de la restauration des liens familiaux lorsque des conflits ou des désastres séparent ses membres devient cruciale. Elle engage la crédibilité d'institutions comme le CICR qui oeuvre grâce à la confiance des millions de personnes qu'il assiste, notamment les détenus. Si un scandale éclatait, certaines d'entre elles pourraient plus facilement céder aux offres d'intermédiaires malintentionnés.

Plusieurs États opposés

Face à ces défis, une résolution doit être discutée lors de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge la semaine prochaine à Genève. Elle demande aux pays de reconnaître que ces données personnelles ne peuvent être utilisées que pour des objectifs humanitaires et non pour des contrôles aux frontières ou d'autres actes.

Les États partie aux Conventions de Genève devraient aussi s'engager à ne pas exiger d'avoir accès à ce contenu. La discussion s'annonce agitée tant elle est controversée pour certains pays comme les États-Unis, la Russie, la Chine.

Pour la première fois, des entreprises technologiques seront aussi conviées à la conférence qui rassemble le CICR, la FICR, les 192 sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les États membres. Elles peuvent avoir accès à certaines données comme prestataires.

Le CICR a désormais un collaborateur aux États-Unis pour dialoguer directement avec elles. Son président Peter Maurer les rencontre également de son côté.

Immunité attribuée par la Suisse

À l'interne, l'institution a mis en place un code de conduite pour éviter que ses employés ne violent la protection des données des bénéficiaires. Elle va également s'engager avec la FICR et plusieurs sociétés nationales pour étendre la collaboration.

Pour ses données, l'organisation s'appuie sur l'immunité que la Suisse lui attribue. Mais dans certains pays où elle est active, aucune législation n'est prévue sur la protection des données.

Certaines institutions humanitaires établissent des points de connexion sans fil pour les bénéficiaires, mais le comité estime ce dispositif problématique. Ces infrastructures peuvent provoquer des effets négatifs comme le regroupement de membres d'entités armées, selon le CICR.

(ats)

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