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La Chine peine à juguler le boom des religions

La pression sur les croyants et leurs pratiques s’est accentuée sous Xi Jinping. Sauf pour le bouddhisme chinois et le taoïsme

Les plus durement frappés sont les bouddhistes tibétains (ici lors du traditionnel déploiement du Bouddha Thangka).
Les plus durement frappés sont les bouddhistes tibétains (ici lors du traditionnel déploiement du Bouddha Thangka).
Reuters

Dans la Chine de Xi Jinping, il ne fait pas bon jeûner durant le mois de ramadan. Evitez aussi de commenter des versets bibliques sur les réseaux sociaux. Surtout, ne pratiquez pas en public des exercices de méditation du Falun Gong! Le régime communiste, qui prône officiellement l’athéisme, se montre de moins en moins tolérant à l’égard des quelque 350 millions de croyants. La République populaire a multiplié les contraintes depuis novembre 2012, constate un rapport publié cette semaine par Freedom House. Sans pour autant parvenir à juguler le boom religieux, note cette ONG basée à Washington.

Les plus durement frappés sont les bouddhistes tibétains, qui vénèrent le dalaï-lama en exil, ainsi que les musulmans ouïgours du Xinjiang, suspectés eux aussi de séparatisme et taxés de terroristes. Des règles ont été émises pour interdire l’habit islamique, surveiller l’éducation des enfants et imposer la vente d’alcool. Les intimidations par les forces de sécurité se multiplient en particulier pendant les fêtes religieuses. Quant aux Tibétains, ils peuvent être condamnés pour avoir observé un moine s’immoler par le feu en signe de protestation.

Mais la répression touche également les chrétiens, qu’ils soient protestants ou catholiques, dont les «valeurs occidentales» sont perçues comme une menace pour le régime. Des croix ont été arrachées dans une province où le protestantisme est en plein boom. Et de lourdes amendes peuvent s’abattre sur quiconque loue des locaux à des Eglises clandestines. De plus en plus de croyants refusent de se rendre dans les Eglises reconnues par l’Etat, qui s’arroge le droit de désigner les prêtres et les pasteurs, exigeant une théologie favorable au régime.

Taoïsme et bouddhisme chinois sont par contre valorisés par cette République athée. Xi Jinping et d’autres responsables communistes ont estimé que ces deux religions sont porteuses de culture chinoise et promeuvent la «moralité» et la loyauté au régime. Par contre, le mouvement Falun Gong a beau être chinois, il continue à être perçu comme une menace et reste réprimé au plus haut point.

Mais la répression n’y fait rien: la religion est en plein essor, assure le journaliste et écrivain Ian Johnson, qui consacre au phénomène un livre à paraître en avril.

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