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Amérique latineChili: des personnalités civiles créent un parti

Le Parti pour la dignité va se battre pour un changement de la Constitution et la désignation d'une Assemblée constituante.

De violents affrontements ont eu lieu vendredi entre protestataires et forces de l'ordre à Santiago. (Samedi 7 mars 2020)
De violents affrontements ont eu lieu vendredi entre protestataires et forces de l'ordre à Santiago. (Samedi 7 mars 2020)
Keystone
De violentes manifestations anti-gouvernementales et des heurts avec la police se sont produits dimanche dans la ville chilienne de Viña del Mar au moment où s'ouvrait un festival international de la chanson. (23 février 2020)
De violentes manifestations anti-gouvernementales et des heurts avec la police se sont produits dimanche dans la ville chilienne de Viña del Mar au moment où s'ouvrait un festival international de la chanson. (23 février 2020)
AFP
Déguisés en clown ou en «Joker», les manifestants défient la police. (Chili, 4 novembre 2019)
Déguisés en clown ou en «Joker», les manifestants défient la police. (Chili, 4 novembre 2019)
Keystone
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Une journaliste reconnue, un célèbre guitariste, une victime d'une retentissante affaire de pédophilie dans l'Église: plusieurs personnalités de la société civile ont annoncé lundi la création d'un nouveau parti politique au Chili pour défendre un changement de Constitution.

Cette nouvelle formation, baptisée Parti pour la dignité, va militer pour que soit approuvé à l'occasion du référendum du 26 avril le principe d'un changement de la Constitution et la désignation d'une Assemblée constituante.

Le référendum comportera en effet deux questions: l'une sur le remplacement ou non de la Constitution actuelle, héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, un «Congrès mixte» composé de citoyens et de parlementaires, ou une Assemblée constituante de citoyens.

Parité

«L'objectif principal est d'offrir un espace à des personnes indépendantes qui ne se sentent pas représentées par les canaux actuels de représentation, et à celles qui veulent être candidat ou candidates» à l'Assemblée constituante, a expliqué la journaliste Maria Olivia Monckeber, lauréate en 2009 du Prix national du journalisme et vice-présidente du nouveau parti.

Le président est James Hamilton, une victime du prêtre pédophile Fernando Karadima, accusé d'agressions sexuelles multiples sur des mineurs et au centre d'un vaste scandale qui a secoué l'Église catholique chilienne.

Le parti souhaite défendre l'existence d'une Assemblée constituante paritaire entre hommes et femmes avec des représentants des communautés amérindiennes.

Contestation sociale sans précédent

«Je n'ai jamais appartenu à un parti politique (...) J'ai toujours regardé cela de loin. Mais beaucoup de gens ont des capacités. Le parti est ouvert à toutes les personnes intéressées pour qu'elles participent», a explique Claudio Narea, ancien guitariste de Los Prisoneros, groupe de rock contestataire le plus populaire des dernières années de la dictature.

Le parti naît après trois mois d'une contestation sociale sans précédent au Chili pour dénoncer les inégalités socio-économiques, mouvement qui n'a bénéficié à aucune formation politique traditionnelle.

Le changement de Constitution figure parmi les revendications principales des manifestants, à côté d'une réforme des systèmes de santé, d'éducation et de retraites, qui relèvent essentiellement du secteur privé et sont accusés d'entretenir de profondes inégalités.

AFP

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