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SANTEChavez: le Venezuela retient son souffle

Le Venezuela prenait conscience lundi de la gravité de l'état du président Hugo Chavez, hospitalisé depuis trois semaines à La Havane et dont la santé s'est détériorée ce week-end, plongeant le pays dans l'incertitude.

Les Vénézuéliens expriment leur soutien au président Chavez, comme ici le 9 décembre 2012.
Les Vénézuéliens expriment leur soutien au président Chavez, comme ici le 9 décembre 2012.
AFP

Le vice-président Nicolas Maduro avait interrompu dimanche les préparatifs pour le Nouvel An en annonçant à la télévision depuis Cuba qu'Hugo Chavez, opéré le 11 décembre pour traiter son cancer, souffrait de «nouvelles complications», dont le traitement n'était «pas dénué de risques».

Nicolas Maduro, qui occupe également le poste de ministre des Affaires étrangères et a été désigné comme héritier par le président avant son départ pour La Havane, restera «les prochaines heures» aux côtés du patient. «Les Vénézuéliens se sont rendus compte hier (dimanche) de la gravité de la situation de Chavez», a expliqué Mireya de la Fe, une éducatrice interrogée lundi dans le centre de Caracas près d'un point de rencontre historique des partisans du président. «Il est certain que l'état de santé du président Chavez est critique», selon l'analyste politique Luis Vicente Leon, de l'institut Datanalisis.

«Je ne sais pas ce qui va se passer avec Chavez, mais jamais nous n'avions passé un Noël comme ça. Il n'y a que Dieu qui sache ce qui va arriver pour lui et pour nous», a confié lundi au petit matin Miguel Enrique, un retraité de 70 ans interrogé dans les quartiers aisés de l'est de Caracas alors qu'il se rendait à la messe.

Rumeurs sur les réseaux sociaux

Le président, qui est censé prêter serment le 10 janvier devant l'Assemblée nationale après sa confortable réélection pour six ans début octobre, a été opéré pour la quatrième fois depuis qu'on lui a diagnostiqué un cancer dans la zone pelvienne en juin 2011. Alors que même ses partisans ont quasiment exclu qu'il soit en état de prêter serment à cette date, les réseaux sociaux bruissent de rumeurs annonçant sa mort tandis que d'autres multiplient les témoignages de solidarité avec le président âgé de 58 ans, au pouvoir depuis 1999.«#ChavezVivraEtVaincra parce que c'est l'homme fait peuple ! fait lutte ! Il a la force pour affronter toutes les tempêtes de la vie», a ainsi assuré Neri Colmenares (@NeriColmenares). Mais dans le même temps, Teniente Coronel (@user0118) affirmait que «Chavez est mort, ce sera annoncé dans quelques heures ou au plus tard le 3» janvier.

Dès dimanche soir, le ministre de l'Information, Ernesto Villegas, a fermement démenti sur la chaîne officielle VTV les rumeurs concernant la mort du président. A Caracas, des ouvriers démontaient lundi la scène qui devait accueillir sur la place Bolivar le traditionnel concert du Nouvel An, annulé la veille, sous les yeux de passants à la mine grave. Au niveau politique, le pouvoir bute aujourd'hui sur un «écueil»: parvenir à repousser la date de prestation de serment, inscrite dans la Constitution, d'une façon qui ne soit pas interprétée «comme un coup d'Etat institutionnel», a estimé Vicente Leon. Jusqu'à présent, le vice-président et le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, évoquent la possibilité d'une prestation de serment ultérieure, devant le Tribunal suprême de justice. En cas d’impossibilité du président d'assumer ses fonctions, il revient au vice-président ou au président de l'Assemblée, selon les circonstances, d'assumer l'intérim et de convoquer des élections anticipées.

Dans les rangs chavistes, «tous préfèrent que Maduro se maintienne au pouvoir et soit le candidat (du pouvoir), que Chavez soit vivant ou non», a affirmé l'analyste.Henrique Capriles, dirigeant de l'opposition et candidat malheureux lors de la présidentielle du 7 octobre qui pourrait affronter le vice-président dans les urnes, a également admis que la date de prise de fonction pourrait être repoussée.

Lundi, Ramon Jose Medina, un des responsables de la Table de l'unité démocratique, la coalition de l'opposition, a appelé, dans un entretien, le gouvernement à «dialoguer avec les autres secteurs du pays», pour faire face à «une situation d'urgence et anormale» si le président devait «renoncer ou abandonner sa charge».

AFP

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