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La Catalane Anna Gabriel ouvre un nouveau front diplomatique à Genève

Après Bruxelles, capitale européenne, les «rebelles» séparatistes viennent défier Madrid dans la ville de l’ONU, où ils comptent mobiliser avocats et institutions internationales.

Anna Gabriel, ex-députée au Parlement de Catalogne
Anna Gabriel, ex-députée au Parlement de Catalogne
DR

Après Carles Puigdemont exilé à Bruxelles, capitale européenne, voici Anna Gabriel à Genève, ville de l’ONU. Mais que fait donc la séparatiste catalane dans la Cité de Calvin alors même qu’elle est censée comparaître ce mercredi à Madrid devant la Cour suprême qui l’accuse de «rébellion»? Si l’on en croit son parti – la très anticapitaliste Candidature d’unité populaire (CUP) – il s’agit pour elle d’ouvrir un deuxième front diplomatique dans le cadre d’une «stratégie de défense» contre la machine à réprimer de l’État espagnol. Bref, le communiqué publié samedi laissait déjà penser que l’ancienne députée posera un lapin au juge Pablo Llarena… même si la décision définitive est censée ne tomber que ce mardi.

Forcément, ce nouvel épisode de l’épopée catalane rappelle la fuite en Belgique, à la fin octobre, du président sécessionniste Carles Puigdemont et de quatre de ses ministres, juste après la Déclaration unilatérale d’indépendance au sein du parlement autonome à Barcelone. Menacés par un mandat d’arrêt espagnol, tous les cinq résident depuis lors dans la capitale européenne.

«Anna Gabriel, ainsi que d’autres membres de la campagne (ndlr: contre la répression) s’est déplacée à Genève ces dernières semaines», selon la CUP. Priorité absolue: donner une «dimension internationale» à l’instruction menée par la Cour suprême espagnole, en contactant à Genève «des institutions internationales et des avocats liés à la défense des droits civils et politiques».

Parallèlement, mardi passé, le parlement catalan annonçait qu’il allait saisir, à Strasbourg, la Cour européenne des droits de l’homme pour que Carles Puigdemont puisse être réinvesti comme président de la Catalogne.

À Genève, Anna Gabriel a pris contact avec Me Olivier Peter, un avocat connu de la justice espagnole pour avoir défendu avec succès la militante basque Nekane Txapartegi, qui avait été arrêtée en 2016 à Zurich et dont l’extradition fut d’abord décidée au printemps 2017… puis finalement abandonnée en septembre passé. La militante anticapitaliste catalane se prépare-t-elle à un scénario similaire?

Un rôle déterminant

Porte-parole de son parti durant la dernière législature, Anna Gabriel a joué un rôle déterminant dans l’arrivée au pouvoir de Carles Puigdemont en janvier 2016 et tout au long de la campagne en faveur du référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017. Minoritaire mais indispensable à la majorité indépendantiste, la CUP a été l’une des voix les plus fortes.

Née en 1975 dans une famille minière et syndicaliste à Sallent de Llobregat, ville ouvrière située à 70 km au nord de Barcelone, Anna Gabriel a travaillé comme éducatrice de rue avant de faire des études de droit du travail et de prendre un poste de professeur associé à l’Université autonome de Barcelone, où elle enseigne l’histoire du droit. Son engagement politique, elle l’a commencé au sein d’une plate-forme antifasciste… à l’âge de 16 ans!

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