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Porte de La VilletteUn campement de migrants évacué à Paris

Plus de 400 personnes ont été évacuées mardi matin du dernier campement de migrants à Paris.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.
AFP

Plus de 400 personnes ont été évacuées mardi matin du dernier campement de migrants à Paris, au terme d'une opération qui répond, au moins provisoirement, à la promesse gouvernementale de vider le nord-est de la capitale de ces camps insalubres.

L'opération d'évacuation de la Porte de la Villette (XIXe arrondissement), où des centaines de personnes avaient posé leurs tentes notamment au bord du Canal Saint-Denis, a débuté vers 6 heures, a annoncé la préfecture de police, et s'est terminée peu avant 8 heures, selon la préfecture de la région Ile-de-France (Prif), qui gère les mises à l'abri.

Au total, «427 personnes dont 4 femmes ont été mises à l'abri ce matin lors de l'opération menée à la Porte de la Villette», a indiqué la Prif à l'AFP.

Une semaine après l'évacuation encadrée par un important dispositif policier du camp voisin de la Porte d'Aubervilliers, d'où plus de 1.400 migrants avaient été délogés d'un bidonville en bordure du périphérique, cette opération marque la fin à ce stade de ces campements informels à Paris.

«Il n'y a plus de campements, c'était l'idée. Et la police va surveiller ce site pour éviter les réinstallations comme elle le fait pour la Porte d'Aubervilliers et la Porte de la Chapelle», souligne-t-on à la Prif.

Les 427 personnes mises à l'abri mardi ont été emmenées dans des cars vers des gymnases et des centres d'accueil franciliens, où «il restait de la place» après l'évacuation de la Porte d'Aubervilliers, a précisé la Prif.

Revoir la vidéo sur la destruction du campement de migrants de la Porte d'Aubervilliers du 28 janvier 2020:

«Ça va se reconstituer»

La situation était explosive pour ces migrants «répartis dans 266 tentes ou abris de fortunes» dans une «situation sanitaire fortement dégradée sur les sites les accueillant, qui sont jonchés de déchets et d'immondices, parcourus de rats et dégagent une odeur pestilentielle et nauséabonde d'urines et d'excréments».

Pour le maire du XIXe arrondissement, François Dagnaud, interrogé sur place par l'AFP, «c'est un soulagement pour les personnes entassées dans ce camp et pour les riverains, car la situation était très lourde à gérer pour les riverains». Les migrants étaient pour la quasi-totalité des hommes seuls originaires notamment d'Erythrée et de Somalie, a-t-il précisé.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'était engagé en novembre dernier à évacuer tous les campements de migrants du nord-est parisien avant fin 2019.

La préfecture de police a depuis opéré un tour de vis sécuritaire, en implantant d'imposants dispositifs policiers 24 heures sur 24 ainsi qu'un système de vidéosurveillance sur tous les sites évacués pour empêcher les reformations de camps, à commencer par la Porte de la Chapelle depuis le 7 novembre.

«Nous ne recommencerons pas un cycle infini évacuations/réinstallations», avait promis la semaine dernière le préfet de police Didier Lallement, devant les engins de chantier prêts à démolir le bidonville de la Porte d'Aubervilliers.

«J'aimerais que ce soit la fin des camps, mais ça va se reconstituer», pronostique Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris en charge des réfugiés, et qui a vu mardi la 61e importante opération de mise à l'abri depuis 2015.

Ce n'est pas la première fois, dit-elle, que la fin de ces campements est promise, «mais ce sont les (élections) municipales, et c'est un vrai sujet pour les riverains»: «Je pense que les candidats LREM du XVIIIe et du XIXe arrondissements réclamaient l'opération» avant l'élection «à corps et à cri».

Selon François Dagnaud, il y a «malheureusement des raisons d'être vigilant car les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut craindre que de nouveaux campements se reproduisent tant que les conditions de premier accueil en France et la gestion administrative des personnes présentes sur le territoire restent les mêmes».

Entre l'évacuation du camp de La Chapelle, qui était devenu emblématique de la situation kafkaïenne dans laquelle se retrouvent certains migrants, et celle de la Porte d'Aubervilliers, il s'est écoulé plus de deux mois. Soit le temps que se forme le camp de la Villette.

(ats)

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