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Union européenneBudget: le grand marchandage commence

Les 27 cherchent un compromis sur le niveau global du budget européen, un peu plus de 1000 milliards d'euros, et sur sa répartition entre les différentes politiques de l'UE.

Le sommet spécial sera consacré au budget de l'UE des 7 prochaines années.
Le sommet spécial sera consacré au budget de l'UE des 7 prochaines années.
Keystone

Les dirigeants européens ont affiché jeudi leurs divergences dès leur arrivée pour un sommet spécial consacré au budget de l'UE des 7 prochaines années. Ils font ainsi peser une lourde incertitude quant à la possibilité de parvenir à un accord au cours de la réunion.

«Il y a un chemin pour trouver un accord durant ce sommet si tout le monde montre une volonté de compromis et d'ambition», a assuré le président français Emmanuel Macron. «Il est certain que des divergences majeures vont devoir être surmontées. Nous ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle. Parce que l'équilibre entre les contributeurs nets (qui payent plus qu'ils ne reçoivent) n'a pas encore été correctement négocié», a pour sa part expliqué la chancelière allemande Angela Merkel.

Après des rencontres à deux ou trois, notamment avec Angela Merkel et Emmanuel Macron, le président du Conseil européen, Charles Michel, a lancé le sommet par une table ronde.

Le Brexit complique la donne

Le Brexit a compliqué la donne. Pour cause de divorce, le budget 2021-2027 devra se passer de la contribution de Londres (entre 60 et 75 milliards d'euros sur sept ans) qui en était le deuxième contributeur derrière l'Allemagne.

Les 27 cherchent un compromis sur le niveau global du budget, un peu plus de 1000 milliards d'euros, et sur sa répartition entre les différentes politiques de l'UE : agriculture, aides aux régions les plus défavorisées, lutte contre le changement climatique, numérique, etc.

«Frugaux»

Les rabais, dont bénéficient aujourd'hui cinq pays - Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche et Suède - vont peser dans la négociation. Les autres, France en tête, voudraient y mettre fin à la faveur du départ du Royaume-Uni, pays qui l'a imposé au milieu des années 1980.

Sur le premier front, le groupe des «frugaux» (Autriche, Pays-Bas, Danemark, Suède) ne veut pas que le niveau total du budget dépasse 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE. Certains y associent l'Allemagne dont la position est un peu moins dure.

La proposition de compromis soumise par le président du Conseil Charles Michel de 1,074% du RNB, soit 1094 milliards d'euros, représente 74 milliards de trop pour eux et ils sont partisans de davantage de coupes.

Les quatre dirigeants de ces Etats membres se sont retrouvés juste avant le sommet, affichant leur fermeté. «Nous ne pouvons pas accepter une hausse aussi importante de nos contributions», a lancé le Suédois Stefan Löfven. Pour son pays, cette hausse serait de 40% a-t-il affirmé.

Parlement opposé

La Commission, qui veut être plus ambitieuse dans la lutte contre le changement climatique et le numérique, voudrait 1,114% (1134,6 milliards d'euros), soit 40 milliards de plus.

De son côté, le président du Parlement européen, David Sassoli, invité à s'exprimer en ouverture de sommet, n'a pas manqué de rappeler aux dirigeants que la proposition de Charles Michel était en l'état «inacceptable». Or, tout accord devra être voté par le Parlement.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne, souhaiteraient une répartition des ressources plus favorables aux nouvelles priorités (recherche, défense, protection des frontières extérieures, etc.). «Les derniers pas à faire pour atteindre un compromis sont toujours les plus difficiles, mais je pense que tout est sur la table afin que l'on puisse prendre une décision», a soutenu Charles Michel avant l'ouverture du sommet.

Agriculture et cohésion

La question se pose aussi de la part accordée à l'agriculture et à la politique de cohésion (l'aide aux régions les moins développées), qui mobilisent environ 60% du budget. Ces deux enveloppes accusent dans la dernière proposition sur la table une baisse globale de près de 100 milliards d'euros par rapport au précédent budget. Très inquiets, des agriculteurs ont fait le déplacement à Bruxelles pour une manifestation en marge du sommet.

La France, poids lourd de l'agriculture européenne, veut «se battre pour» la Politique agricole commune (PAC), notamment soutenue par l'Espagne, où les manifestations d'agriculteurs se multiplient. Quant à la quinzaine de pays de l'Est et du Sud, dont l'Espagne, la Pologne et la Grèce, réunis au sein des «amis de la cohésion», ils veulent que cette politique soit maintenue au même niveau.

(ats)

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