Brexit: une polémique retarde le début de débats

Royaume-UniLe gouvernement britannique refuse de publier l'intégralité de l'avis juridique sur le divorce avec l'UE et bloque le début des débats au parlement.

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Le parlement doit se prononcer le 11 décembre sur l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, fruit de 17 mois de difficiles négociations. «Le peuple britannique veut que nous allions de l'avant avec un accord qui respecte le résultat du référendum et nous permette de rassembler le pays, quelle que soit la manière dont nous avons voté», devait plaider Theresa May en ouvrant les débats mardi, selon des extraits de son discours publiés à l'avance. Les débats doivent durer cinq jours.

Mais avant qu'elle ne puisse s'adresser aux députés, ceux-ci voteront pour décider si le gouvernement s'est rendu coupable d'«outrage au parlement» en refusant d'accéder à leur demande de publier la totalité de l'avis juridique britannique sur le traité de retrait.

Lundi, l'Attorney General (ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement), Geoffrey Cox, a publié un résumé de cet avis juridique. Lors d'un débat animé au parlement, il a justifié sa décision en expliquant que ce document était destiné à rester confidentiel.

Menaces de renversement

Ce nouvel épisode intervient dans une atmosphère déjà électrique à la Chambre des Communes où des députés de tous bords sont hostiles à l'accord de divorce négocié par la première ministre. Outre l'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes, l'allié nord-irlandais de Theresa May, le petit parti unioniste DUP, s'opposent au texte, ainsi que des dizaines de députés conservateurs favorables à une rupture franche avec l'UE.

Menacée d'un échec au parlement, la cheffe du gouvernement a fait planer la menace d'un départ de l'UE sans accord, avec de lourdes conséquences pour l'économie britannique. Elle a aussi averti qu'il pourrait bien ne pas y avoir de Brexit du tout. Le Labour compte déclencher une motion de défiance si Theresa May échoue à faire adopter le texte. Mme May affronte en outre certains eurosceptiques de son propre camp, qui voudraient aussi la renverser.

Le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le camp du «Leave», a laissé le pays profondément divisé. Après des mois de discussions, le texte conclu avec l'UE laisse les deux camps frustrés.

Marche arrière?

Les plus fervents «Brexiters» estiment que le Royaume-Uni ne va pas franchement couper les ponts avec l'UE, tandis que les europhiles espèrent encore faire marche arrière. Bonne nouvelle pour ces derniers: le Royaume-Uni pourrait s'il le souhaite décider unilatéralement de renoncer à quitter l'Union européenne, a estimé mardi l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), dans un avis ne liant pas les juges de l'institution.

«C'est une énorme victoire», s'est réjoui sur Twitter Alyn Smith, député du parti indépendantiste écossais SNP. Cet avis «remet la décision sur notre futur entre les mains de nos propres représentants élus», s'est félicité sur le même réseau social l'un des requérants de l'affaire, Jo Maugham.

L'option d'un second référendum a aussi gagné des soutiens. Lundi, des députés des partis conservateur, travailliste, libéral-démocrate et vert ont remis à Downing Street une pétition de plus d'un million de signatures demandant un nouveau vote.

Le traité de retrait comprend notamment la facture du divorce dont devra s'acquitter le Royaume-Uni, évaluée entre 40 et 45 milliards d'euros, garantit les droits des Européens vivant au Royaume-Uni et des Britanniques dans l'UE et définit une période de transition qui débutera après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, pour durer jusqu'en décembre 2020.

Il prévoit un «filet de sécurité» pour éviter le retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et l'Irlande et préserver la paix sur l'île. Ce mécanisme controversé, qui consiste à créer un «territoire douanier unique», englobant l'UE et le Royaume-Uni, n'entrerait en vigueur qu'après la période de transition et seulement si aucune meilleure solution n'était trouvée d'ici à la mi-2020.

Les opposants à Theresa May voudraient qu'elle renégocie le texte, une option exclue par l'UE. Deux jours après le vote au parlement britannique, prévu le 11 décembre, Theresa May doit retourner à Bruxelles pour un nouveau sommet européen. (ats/nxp)

Créé: 04.12.2018, 15h08

4000 emplois financiers menacés

Un haut responsable de la Banque d'Angleterre a prévenu mardi qu'environ 4000 emplois dans la banque et l'assurance allaient partir du Royaume-Uni vers l'Union européenne d'ici au jour J du Brexit fin mars.

«Le nombre d'emplois que nous voyons partir du Royaume-Uni vers l'UE des 27 d'ici à la fin mars dans les banques et assurances est un peu inférieur à 5000, environ 4000», a expliqué Sam Woods, un gouverneur adjoint de la BoE qui répondait, aux côtés du gouverneur de la BoE Mark Carney, aux questions de la commission du Trésor de la Chambre des communes.

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