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LégislativesBoris Johnson obtient la majorité absolue

Selon les résultats officiels, le Premier ministre britannique a remporté les législatives et va pouvoir mettre en place le Brexit.

Brexit, en avant toute ! Le Premier ministre conservateur Boris Johnson s'impose vendredi comme l'homme fort du Royaume-Uni après son triomphe aux législatives qui lui permet d'honorer sa promesse de sortir son pays de l'Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans de déchirements.

Les résultats publiés jusqu'au petit matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n'avaient plus exercé un tel contrôle sur le Parlement britannique depuis Margaret Thatcher.

Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes contre 317 remportés en 2017. Principale formation d'opposition, les travaillistes s'effondrent à 203 sièges (contre 262), plaçant leur très à gauche chef de file Jeremy Corbyn sur un siège éjectable.

Ce «nouveau mandat fort (...) donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique», a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un «tremblement de terre» qui redessine le paysage politique britannique au profit des conservateurs.

Sa victoire écrasante aux législatives de jeudi montre, selon lui, la «décision irréfutable, irrésistible et incontestable» des Britanniques de sortir de l'Union européenne. Après trois ans de désaccords sur le Brexit, «je vais mettre fin à ces absurdités et nous allons le réaliser à temps d'ici au 31 janvier», a déclaré le dirigeant conservateur devant ses partisans.

Accord commercial «lucratif»

Le slogan «Réalisons le Brexit!», que le bouillonnant dirigeant à la tignasse blonde a répété à l'envi durant sa campagne, a fait mouche auprès des électeurs lassés de plus de trois ans de psychodrame. Désormais doté d'une confortable majorité absolue qui lui manquait jusqu'à présent, il ira tout droit à Buckingham Palace pour être renommé Premier ministre par la reine Elizabeth II.

Boris Johnson a été félicité par son fidèle soutien, le président américain Donald Trump, qui lui a promis sur Twitter «un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT», «potentiellement beaucoup plus gros et plus lucratif que n'importe quel accord qui pourrait être conclu avec l'Union européenne».

«Très déçu»

Pour le travailliste Jeremy Corbyn, 70 ans, c'est l'humiliation. «Très déçu», ce dernier a annoncé qu'il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une «réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique». Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d'Islington nord.

Chef de l'opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l'UE. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l'UE, sans lui-même prendre position.

Les travaillistes ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Un groupe de réflexion avait identifié «l'homme de Workington», un homme blanc, âgé, sans diplôme, pro-Brexit comme l'électeur clé pour remporter le scrutin.

«Les conservateurs représentent désormais de nombreux ménages à faible revenu, des personnes qui travaillent dans les industries manufacturières et traditionnelles du centre et du nord de l'Angleterre», a dit à l'AFP le professeur Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

Accord soumis aux députés avant Noël

Jusqu'à présent, Boris Johnson n'avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes. Il a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l'objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier, après trois reports.

Boris Johnson a bénéficié d'un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l'europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s'être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit.

Quel lien avec l'UE?

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s'atteler aux «priorités» des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement. Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l'Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l'UE s'ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d'ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes.

À compter de 2021, les droits spécifiques à immigrer pour les citoyens de l'Espace économique européen et de la Suisse seront abolis. (18 mai 2020)
À compter de 2021, les droits spécifiques à immigrer pour les citoyens de l'Espace économique européen et de la Suisse seront abolis. (18 mai 2020)
AFP
L'équivalent de plus de 4 milliards de francs ont été dépensées par le Royaume-Uni entre juin 2016 et mars 2020 pour se préparer au Brexit. (Jeudi 5 mars 2020)
L'équivalent de plus de 4 milliards de francs ont été dépensées par le Royaume-Uni entre juin 2016 et mars 2020 pour se préparer au Brexit. (Jeudi 5 mars 2020)
AFP
«Réalisons le Brexit!» Boris Johnson, 55 ans, l'a répété comme un mantra tout au long d'une campagne sans relief. «Donnez-moi une majorité et je finirai ce que nous avons commencé - ce que vous nous avez ordonné de faire - il y a trois ans et demi», a-t-il promis.  (12 décembre 2019)
«Réalisons le Brexit!» Boris Johnson, 55 ans, l'a répété comme un mantra tout au long d'une campagne sans relief. «Donnez-moi une majorité et je finirai ce que nous avons commencé - ce que vous nous avez ordonné de faire - il y a trois ans et demi», a-t-il promis. (12 décembre 2019)
AFP
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Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.

Pour les pro-UE, l'espoir d'empêcher le Brexit s'est évanoui avec la défaite du Labour et l'échec des libéraux-démocrates, opposés au Brexit, dont la cheffe Jo Swinson n'a pas été réélue.

Seuls les nationalistes écossais du SNP tirent leur épingle du jeu, progressant nettement à 48 sièges, selon les résultats partiels.

«Nous sommes prêts»

Les Européens se sont dits «prêts» vendredi à négocier la future relation avec le Royaume-Uni. «Nous sommes prêts. Nous avons défini nos priorités», a lancé le président du Conseil européen Charles Michel au deuxième jour d'un sommet européen à Bruxelles. Le Belge espère «une ratification rapide par le parlement britannique» de l'accord de sortie négocié entre Londres et l'UE, «afin que l'on puisse démarrer dans la sérénité, tranquillement, mais avec une grande détermination, la négociation sur la phase suivante».

Les Européens veilleront tout particulièrement «à l'intégrité du marché intérieur» et à ce que la future relation garantisse des règles du jeu équitables («level playing fields») entre les deux parties.

Les 27 dirigeants européens doivent charger vendredi le négociateur de la Commission européenne sur le Brexit, Michel Barnier, de négocier cette relation commerciale étroite avec le Royaume-Uni. Selon la dernière version de leurs conclusions, vues par l'AFP, ils vont réaffirmer leur soutien à un «retrait ordonné» du Royaume-Uni «sur la base de l'accord» signé par Boris Johnson lors du précédent sommet, en octobre.

Ils appellent de leurs voeux une «future relation aussi étroite que possible avec le Royaume-Uni» tout en soulignant qu'elle devra être «fondée sur un équilibre des droits et obligations et garantir des règles du jeu équitables» en matière de concurrence.

Le traité sur le retrait du Royaume-Uni prévoit une période de transition jusqu'au 31 décembre 2020, pendant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier. La plupart des experts doutent que ce délai soit suffisant pour négocier la future relation.

AFP

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