Une bombe nucléaire au bout du clavier

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La menace d’une attaque nucléaire est réelle. Mais elle pourrait venir d’une source à laquelle on ne s’attend pas. Cette semaine, le monde s’est ému de l’alignement de la doctrine nucléaire américaine sur celle de la Russie. Les deux pays possèdent désormais des armes nucléaires tactiques, de puissance et de portée limitées. Les propos du président américain, Donald Trump, se targuant d’avoir «un bouton nucléaire plus gros et plus puissant» que celui du président nord-coréen, Kim Jong-un, ont encore ajouté à l’anxiété.

Ces risques font croître les doutes sur la fiabilité et l’intégrité de ces armes

En outre, en janvier, une fausse alerte sur une attaque de missiles balistiques sur Hawaï, due à une erreur humaine, donnait un peu corps à un risque de déclenchement accidentel de l’arme fatale. Pourtant, le scénario qui fait le plus froid dans le dos n’est pas de ceux-là.

Il est détaillé dans une étude que le Royal Institute of International Affairs de Londres vient de consacrer à la cybersécurité des systèmes d’armes nucléaires. On peut lire dans ce document que «les impacts potentiels de cyberattaques sur les systèmes d’armes nucléaires sont énormes». «Ces risques font croître significativement les doutes qu’on peut avoir sur la fiabilité et l’intégrité de ces armes en temps de crise», poursuivent les deux chercheurs du Département de la sécurité international du think tank connu sous l’appellation de Chatham House.

Leur capacité d’être lancées, celle de prévenir un lancement inopiné, leur commandement et leur contrôle, les moyens de communication dédiés, toutes ces opérations et tous ces systèmes sont devenus plus vulnérables avec leur digitalisation. «La probabilité d’attaques ciblées sur ces systèmes est relativement forte», ajoutent les deux analystes. Et cela n’a rien de théorique. Les Américains sont déjà parvenus par ces moyens à faire échouer un test de missile nord-coréen.

D’autres cas récents de cyberattaques, qu’il s’agisse de hacking, de sabotage ou d’interférence dans des systèmes numériques, montrent que les systèmes nucléaires ne sont en rien à l’abri. Les silos de lancement des armes sol-air et les missiles seraient particulièrement vulnérables. En 2015, déjà, des missiles Patriot allemands en Turquie ont été hackés…

«Avec l’évolution technique, les cyberattaques telles que jamming, spoofing et data manipulation (1) sont presque impossibles à prévenir ou empêcher», poursuivent les deux spécialistes. L’automatisation des armes (la Russie dispose d’un sous-marin autonome doté de torpilles à tête nucléaire) aggrave encore le risque d’un accident et d’une escalade. Dans une période de tensions, avec en outre des acteurs non étatiques (terroristes) avec qui aucun dialogue n’est possible, la menace nucléaire n’est pas à Washington, Moscou ou Pyongyang, mais au bout d’un clavier de hacker.

(1) Cybermots Le jamming consiste à obtenir un refus de service, d’un lancement par exemple. Le spoofing introduit de fausses informations qui semblent provenir d’une source crédible à l’insu du receveur. La data manipulation est une forme de hacking qui altère les informations reçues du système (TDG)

Créé: 07.02.2018, 16h55

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