Passer au contenu principal

EspaceBientôt le repos éternel pour le robot Philae

L'aventure du robot Philae, installé sur la comète Tchouri, mais muet depuis des mois, touche à sa fin.

Philae, le héros interplanétaire, a fêté le 12 novembre 2015 sa première bougie sur la comète «Tchouri» mais il ne donne plus signe de vie depuis le 9 juillet. (8 décembre 2015)
Philae, le héros interplanétaire, a fêté le 12 novembre 2015 sa première bougie sur la comète «Tchouri» mais il ne donne plus signe de vie depuis le 9 juillet. (8 décembre 2015)
AFP
De l'oxygène a été découvert dans l'atmosphère de la comète Tchouri par des chercheurs de l'Université de Berne. (Mercredi 28 octobre 2015)
De l'oxygène a été découvert dans l'atmosphère de la comète Tchouri par des chercheurs de l'Université de Berne. (Mercredi 28 octobre 2015)
Keystone
La mission Rosetta est prévue pour durer au moins jusqu'en décembre 2015, tandis que Tchourioumov-Guérassimenko passera au plus près du soleil en août 2015.
La mission Rosetta est prévue pour durer au moins jusqu'en décembre 2015, tandis que Tchourioumov-Guérassimenko passera au plus près du soleil en août 2015.
Keystone
1 / 29

Les ingénieurs européens vont encore tenter d'envoyer quelques ordres à Philae, mais fin janvier, les conditions extérieures deviendront trop hostiles pour sa «survie».

Une manoeuvre de la dernière chance a été tentée dimanche pour faire bouger Philae. Elle visait notamment à améliorer l'ensoleillement des panneaux solaires du petit robot-laboratoire, qui vit sur le noyau de la comète depuis novembre 2014 mais n'a pas communiqué avec la Terre depuis le 9 juillet.

«Cette tentative ne nous a malheureusement pas permis d'entrer en contact avec Philae. Nous n'avons pas reçu de signal», a déclaré mardi à l'AFP Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur à l'agence spatiale allemande DLR, basée à Cologne.

Nuage de poussière

Dans une courte vidéo, postée mardi après-midi sur internet, l'agence DLR indique que la caméra Osiris, qui se trouve sur la sonde européenne Rosetta, a pris des images de ce moment.

«Ces images sont en cours d'analyse. On cherche s'il n'y aurait pas un nuage de poussière qui pourrait avoir été provoqué par un changement de position de Philae», le privant de lumière, explique-t-elle.

L'espoir s'amenuise

Petit à petit, l'espoir d'établir un contact avec Philae s'amenuise. «Nous allons encore envoyer quelques commandes à Philae ces prochains jours. Puis nous passerons en mode écoute», juste pour vérifier qu'il n'envoie pas de signal, a indiqué M. Ulamec.

«Après, il faut être réaliste. Les conditions vont aller de mal en pis» sur la comète: la lumière va diminuer, les températures vont baisser à mesure que Tchouri, escortée par Rosetta, va continuer à s'éloigner du Soleil. «Il va falloir accepter que nous n'entendions plus Philae», souligne M. Ulamec. «Les chances de recevoir un signal sont très basses».

«Si fin janvier, aucune communication n'a été établie, ce sera vraiment fichu», estime Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au Cnes, l'agence spatiale française, à Toulouse (France).

Hibernation sans espoir de réveil

Fin janvier, la comète sera à 300 millions de kilomètres du Soleil. Pour pouvoir fonctionner, Philae ne doit pas tomber au-dessous d'une température intérieure de -51 degrés. Ensuite, il plongera en hibernation, sans espoir de réveil.

Mais il aura acquis le statut de héros interplanétaire. Après dix ans de voyage comme passager de Rosetta, Philae a réalisé le 12 novembre 2014 une première historique en atterrissant sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko.

Après plusieurs rebonds imprévus, il s'est stabilisé à l'ombre, en position couchée, dans une zone montagneuse. Equipé de dix instruments, le robot a travaillé pendant 60 heures, récoltant de précieuses données scientifiques, avant de s'éteindre faute d'un ensoleillement suffisant pour ses batteries solaires.

Il s'est réveillé à l'improviste le 13 juin, a établi plusieurs contacts avec la Terre mais ne communique plus depuis la mi-juillet. «Ses antennes semblent plutôt orientées vers le sol que vers l'espace», relève M. Gaudon.

Vraisemblablement endommagé

Ces derniers mois, les équipes ont tout tenté pour rentrer en contact avec le robot qui est vraisemblablement endommagé. «L'électronique générale - le cerveau - a sans doute été abîmée par un excès de chaleur lorsque la comète a été au plus près du Soleil», considère M. Gaudon. Elle avait déjà subi des froids importants cet hiver.

L'électronique des antennes rencontre aussi des problèmes, semble-t-il. En outre, des poussières, rejetées cet été lors du passage de la comète près du Soleil, se sont peut-être accumulées sur les panneaux solaires, empêchant ceux-ci de fonctionner, note M. Gaudon.

L'aventure de Rosetta, elle, va se poursuivre jusqu'à septembre, date à laquelle il est prévu qu'elle «se pose» le moins rudement possible sur Tchouri, pour y finir «sa vie» aux côtés de Philae.

Technologie suisse

Le but de la mission Rosetta, menée par l'Agence spatiale européenne, est de mieux comprendre les comètes, témoins de la genèse du système solaire il y a 4,6 milliards d'années. Les chercheurs espèrent trouver des indices sur l'apparition de la vie sur Terre.

Rosetta emporte de la technologie suisse: un éventail d'instruments a été développé avec l'Université de Berne, notamment la caméra Osiris (Optical, Spectroscopic and Infrared Remote Imaging System). Plusieurs entreprises suisses, parmi lesquelles RUAG, et le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (EMPA) ont participé à leur construction.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.