En Europe, des centres-villes bientôt garantis sans autos?

TendanceLes initiatives pour chasser les voitures polluantes des villes se multiplient. Londres vient d’introduire la «taxe de toxicité»

Les maires de 90 villes actives contre le réchauffement climatique se sont réunis à Paris à l’invitation d’Anne Hidalgo (au centre). Douze métropoles ont pris l’engagement de créer des zones urbaines avec pour objectif «zéro émission carbone d’ici à 2030».

Les maires de 90 villes actives contre le réchauffement climatique se sont réunis à Paris à l’invitation d’Anne Hidalgo (au centre). Douze métropoles ont pris l’engagement de créer des zones urbaines avec pour objectif «zéro émission carbone d’ici à 2030». Image: Reuters

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La mesure est impopulaire mais le maire de Londres, Sadiq Khan, n’en a cure. Depuis lundi, tout automobiliste au volant d’une voiture à essence ou diesel immatriculée avant 2006 doit s’acquitter d’une taxe de 10 livres (13 francs) pour entrer dans la capitale britannique entre 7 h et 18 h. Cette «taxe de toxicité», selon son petit nom, s’appliquera en sus de la taxe de congestion de 11,50 livres, déjà en vigueur depuis 2003, et qui concerne tous les véhicules à quatre roues (hormis les véhicules électriques) circulant au centre de Londres en journée. Pour ceux qui cumulent, cela fait donc une somme de 28 francs par jour.

«En tant que maire, je suis déterminé à agir rapidement pour aider à assainir l’air mortel de Londres. Le niveau scandaleux de la crise de santé publique à laquelle nous sommes confrontés nécessite une réponse», a indiqué Sadiq Khan à l’annonce de l’entrée en vigueur de la mesure. Les décès dus à la pollution atmosphérique dans la capitale sont chiffrés à 9500 par an, selon une étude.

Cette dernière en question résonne avec une enquête mondiale, publiée vendredi dans The Lancet, qui arrivait à la conclusion que la pollution atmosphérique était à elle seule responsable de 6,5 millions de morts par an. Evidemment, la voiture n’est de loin pas seule en cause, mais dans de nombreuses capitales européennes, elle commence à devenir la cible des politiques les plus volontaristes.

Engagement à Paris

A Paris, où se sont réunis durant deux jours les maires de plus de 90 villes actives contre le réchauffement climatique (Cities Climate Leadership Group), douze métropoles ont pris l’engagement lundi de créer des zones urbaines avec pour objectif «zéro émission carbone d’ici à 2030». En Europe, Paris, Milan, Barcelone et Londres ont pris cet engagement, qui ne peut faire l’économie de politiques antivoitures. Maire de la ville hôte de cette rencontre au sommet, Anne Hidalgo a donné cet automne, non sans essuyer une pluie de critiques, la direction à prendre. Objectif affiché dans la capitale française: la fin des voitures diesel d’ici à 2024 et le bannissement des véhicules à essence d’ici à 2030.

Vœu pieux? La maire de Paris sait que la route est semée d’embûches, à commencer par les pressions du lobby automobile. Mais la tendance est là, certes émergente, mais globale. Dans plusieurs capitales d’Europe, on n’en est plus à la simple politique de promotion des transports publics et de dissuasion par le coût du parking. Des politiques agressives sont lancées pour tenter de chasser les voitures à combustion du centre-ville.

Au nord, l’autoroute à vélos

Sans surprise, les villes du nord de l’Europe sont parmi les plus entreprenantes. A Copenhague, la Municipalité a pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2025. Cela fait des années qu’elle investit dans la promotion de la mobilité douce. Politique payante puisque pour la première fois en 2016, le nombre de vélos (265 000) comptabilisés dans la ville a dépassé celui des voitures (252 000). Pour y arriver, elle a commencé à aménager jusque dans la périphérie de véritables autoroutes à bicyclettes, introduit la gratuité du transport des vélos dans les trains régionaux et banni les parkings du centre-ville.

A Oslo, c’est à peu près la même politique qui est suivie par une Municipalité entre les mains de la gauche et des Verts depuis 2015. Objectif affiché: une réduction de 95% de ses gaz à effet de serre d’ici à 2030, avec l’idée de faire disparaître les voitures du centre. Plutôt que d’interdire tel type de véhicules ou de les taxer, le plan consiste à supprimer les parkings, rue après rue, au profit d’aménagements en mobilité douce.

A chaque ville sa formule. Berlin a introduit en 2008 déjà un système à vignettes qui permet aux seuls véhicules non polluants de circuler au centre-ville, dans la «Umwelt Zone» (zone environnement). Même si la méthode fait débat, elle a été adoptée par de nombreuses villes allemandes. Mais les initiatives vont maintenant plus loin. Hambourg, dont la ville est constituée de 40% d’espaces tels que parcs, jardins et équipements sportifs, entend relier ces zones par un réseau vert, apte à éliminer totalement la voiture d’ici quinze à vingt ans, selon la Municipalité.

A Bruxelles, la Ville a étendu en 2015 la zone piétonne du centre-ville pour en faire la plus grande d’Europe. Même élan à Madrid, où une vingtaine de petites rues de l’hypercentre devraient devenir piétonnes en 2019.

Créé: 23.10.2017, 19h49

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