Barack Obama entre en lice contre le «Brexit»

Royaume-Uni Le président américain défend les avantages pour les Britanniques de rester dans l’UE. Non sans arrière-pensées

Barack Obama, Président des Etats-Unis.

Barack Obama, Président des Etats-Unis. Image: EPA

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Barack Obama s’est immiscé dans le débat sur le référendum sur l’avenir du Royaume-Uni en Europe. Arrivé vendredi matin à Londres, il a diffusé dans le quotidien eurosceptique The Daily Telegraph une longue tirade en faveur du maintien du pays au sein de l’Union européenne.

«L’UE ne modère pas l’influence britannique, elle la magnifie», assure le président américain dans un texte peu nuancé. «Un lien fort avec l’Europe n’est pas une menace à la position de meneur mondial du Royaume-Uni; elle la renforce.»

Le locataire de la Maison-Blanche prévient ensuite que «ce genre de coopération – le partage de renseignements, la lutte antiterroriste, la création d’accord pour créer des emplois et la croissance économique – sera bien plus efficace si elle s’étend à travers l’Europe. Il est le temps pour les amis et les alliés de rester ensemble.»

Influence à préserver

Après la lettre publique signée mercredi par huit des dix secrétaires américains au Trésor encore en vie, l’empressement américain est évident. Cette attention n’est pas gratuite. En premier lieu, Washington a besoin d’un allié solide et sûr en Europe, rôle occupé par Londres depuis un demi-siècle. Ensuite, un «Brexit» (contraction de «Britain-Exit», sortie du Royaume-Uni) limiterait fortement sa capacité d’influence de la politique européenne et mettrait en péril toute sa stratégie internationale en fragilisant l’Europe.

«Plus que ses prédécesseurs, Obama voit les alliés et les partenaires des Etats-Unis selon leur contribution aux objectifs américains», explique Ian Bond, l’un des responsables du think tank Centre pour la réforme européenne. «Il se demande en quoi le «Brexit» pourrait affecter la capacité de l’Europe à aider les Etats-Unis à s’attaquer aux problèmes internationaux. […] Par ailleurs, Obama veut que l’Europe agisse plus pour résoudre ses propres problèmes. Elle doit pour cela être unie et concentrée. Pour le moment, elle n’est ni l’un ni l’autre.»

Colère des pro-Brexit

Les figures de proue favorables au «Brexit» ont fait part de leur colère après l’intervention de Barack Obama. Le maire de Londres Boris Johnson n’a ainsi pas hésité à qualifier ses propos d’«absurdités». Sans doute craignent-ils que le président américain parvienne à influencer les Britanniques. Alan Shed, politologue à la LSE, n’y croit pas. Il estime que «dans deux mois, au moment de voter, les électeurs auront probablement oublié sa visite. Surtout, l’avis d’un dirigeant étranger ne sera pas un facteur clé dans leur choix final.»

Créé: 22.04.2016, 20h51

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