Il avoue avoir voulu ternir l'image de Pékin

ChineUn avocat, qui avait disparu, a réapparu à son procès. Visiblement sous la pression de l'Etat, l'homme de loi s'est confondu en excuses.

Jiang Tianyong entouré de deux policiers.

Jiang Tianyong entouré de deux policiers. Image: AFP

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Un avocat chinois défenseur des droits de l'homme, qui avait disparu pendant plusieurs mois, est réapparu publiquement mardi lors de son procès pour «incitation à la subversion de l'Etat», durant duquel il a «avoué» sa culpabilité.

Jiang Tianyong s'était occupé d'affaires sensibles en Chine comme celles d'adeptes du mouvement religieux interdit Falun Gong, de militants tibétains ou de victimes d'une retentissante affaire de lait contaminé. Mais il s'est vu retirer sa licence en 2009.

Une vidéo publiée mardi sur internet par le tribunal de Changsha (centre) où il est jugé, montre M. Jiang en train de prononcer des aveux, lors de ce que l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International qualifie de «simulacre de procès».

L'accusé avait disparu en novembre entre Pékin et Changsha, où il s'était rendu pour prendre des nouvelles de Xie Yang, un autre avocat des droits de l'homme. Ce dernier avait été arrêté en juillet 2015 lors d'un vaste coup de filet visant quelque 200 avocats, juristes, et militants s'occupant d'affaires sensibles.

Jiang Tianyong avait cherché à faire connaître à l'international la situation de ces personnes interpellées. La justice lui reproche notamment d'avoir publié des messages assurant que Xie Yang avait été torturé en détention.

Lors de l'audience mardi, M. Jiang a cependant déclaré «avoir tout inventé» afin de «ternir l'image du gouvernement».

«J'exprime pour cela mes sincères excuses», a-t-il souligné.

Pour William Nee, chercheur Chine à Amnesty International, le traitement réservé à Jiang Tianyong illustre «les aspects inquiétants de la répression contre les avocats».

M. Nee évoque notamment le harcèlement des membres de la famille, l'interdiction du libre choix d'un avocat et l'accès strictement limité pour assister au procès, alors que les autorités «présentent cela comme un vrai procès sur les réseaux sociaux».

L'arrestation et le procès de l'avocat Jiang Tianyong sont la dernière illustration en date du tour de vis imposé à la société civile depuis l'arrivée au pouvoir du président chinois Xi Jinping fin 2012.

A l'origine ciblé uniquement sur les dissidents et les militants politiques, le mouvement de répression s'est progressivement dirigé vers les avocats qui les représentent.

(afp/nxp)

Créé: 22.08.2017, 09h06

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