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L’Autriche interdit le port du voile islamique intégral

La législation qui vise l’islam radical arrive à point nommé pour le gouvernement centriste dans une campagne dominée par le thème de l’immigration.

Image d'illsutration.
Image d'illsutration.
Keystone

Aucune porteuse de burqa, mais quelques clowns et une touriste asiatique qui portait un masque chirurgical sans ordonnance médicale ont déjà eu maille à partir avec la nouvelle législation, entrée en vigueur ce dimanche, qui interdit de se dissimuler le visage dans les lieux publics autrichiens. Cette loi, qui vise en réalité à proscrire le voile islamique intégral, fait partie d’un ensemble de mesures pour l’intégration, comprenant également des cours d’allemand et du travail d’intérêt général obligatoires pour les demandeurs d’asile.

«L’acceptation et le respect des valeurs autrichiennes sont des conditions de base d’une cohabitation réussie entre la population autrichienne et les citoyens de pays tiers vivant en Autriche», fait valoir la coalition au pouvoir entre sociaux-démocrates et conservateurs. Même si les musulmanes couvrant leur visage sont une infime minorité dans la République fédérale, Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration et favori des sondages pour la Chancellerie, explique qu’il est important de ne pas réagir à la montée de l’islamisme en Europe par une «tolérance mal à propos».

Pour s’abriter du soupçon de discrimination religieuse, le texte a été formulé de manière très générale… et un peu improbable. Sur la brochure explicative éditée par le Ministère de l’intérieur, on apprend ainsi qu’outre le voile intégral, le port du cache-nez est aussi proscrit, sauf en cas de grand froid. Un maquillage de clown? Interdit hors carnaval.

Protestations et amendes

A Vienne, trois activistes qui ont refusé dimanche de se découvrir devront payer une amende dont le montant peut atteindre 150 euros. Ils ont été interpellés en marge d’une manifestation où environ 250 participants protestaient, encagoulés, maquillés ou voilés, contre le tournant restrictif du gouvernement. «Personne ne trouve cela bien que des femmes soient forcées de se voiler, expliquait l’organisateur, Klaus Werner-Lobo, mais cette interdiction ne résout rien. C’est juste une seconde punition pour elles.»

Cet ancien élu écologiste dénonce un texte «qui joue sur les tendances populistes, nationalistes, racistes et islamophobes pour les utiliser dans la campagne électorale». Son entrée en vigueur intervient en effet deux semaines seulement avant un scrutin législatif, le 15 octobre, et alors que la campagne est dominée par le thème de l’immigration, en tête des préoccupations dans le pays depuis les forts mouvements migratoires en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient de l’automne 2015.

Dans ce contexte, l’interdiction de la burqa arrive à point nommé pour les deux partis de gouvernement, qui peuvent ainsi, à l’image du chancelier social-démocrate Christian Kern dans une vidéo de campagne qui a récemment fait fureur sur Internet, répondre aux citoyens inquiets de la montée de l’islamisme: «Oui, nous agissons!»Vienne

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