Passer au contenu principal

Il aurait tué ses parents pour récupérer un pactole

Un homme de 27 ans est soupçonné d'avoir commis un double parricide afin de dérober plus d'un million d'euros à sa famille. Il comparaîtra dès mardi devant la cour d'assises de Pau.

Le procès de Kevin R. et de sa compagne complice devrait se terminer le 18 mars. (Photo d'illustration)
Le procès de Kevin R. et de sa compagne complice devrait se terminer le 18 mars. (Photo d'illustration)
Keystone

Ce procès sera-t-il le bon? À partir de mardi, la cour d'assises des Pyrénées-Atlantique tentera pour la troisième fois de pénétrer le huis-clos d'un repas de famille qui a viré au double parricide dans un petit village du Pays basque.

Après un premier procès émaillé d'incidents et finalement renvoyé, le second, en mai 2019, avait aussi dû être renvoyé, en l'absence du principal accusé Kevin R.

Placé en établissement psychiatrique, le jeune homme de 27 ans était alors hospitalisé pour une tentative de suicide. Pour ce nouveau procès, étalé cette fois-ci sur sept jours, «il est impatient de pouvoir être jugé», assure à l'AFP son avocat, Me Emmanuel Z.

Assassinés au revolver

Kevin R. est accusé d'avoir assassiné au revolver ses parents, Pascal et Ewa R., 55 et 54 ans, avec la complicité de sa compagne Sofya B., 27 ans, le 20 février 2016. Il est également soupçonné d'avoir tenté de tuer son frère aîné Yann, atteint du syndrome d'Asperger.

Celui-ci avait été découvert par les gendarmes en état de choc tandis que les corps sans vie de ses parents gisaient dans la salle à manger et la cuisine de la ferme familiale. Le premier procès, en décembre 2018, avait dû être renvoyé à cause d'un malaise de Sofya B. en plein interrogatoire, puis de la tentative de suicide de Kevin R.

«Nous étions alors soumis à un régime démentiel d'amplitudes horaires journalières. Les accusés étaient réveillés à 7h du matin à la maison d'arrêt et n'y revenaient qu'à 22h30», a rappelé Me Z. Un rythme «trop intensif», déploré également par l'avocat de la co-accusée Me Frédéric D.

Depuis, les deux accusés s'opposent sur leur version des faits.

Pactole

Lors du premier procès écourté en décembre 2018, Kevin avait affirmé avoir «agi par cupidité» et évoqué la «détermination» du couple à tuer pour récupérer un pactole estimé entre 1 et 1,5 million d'euros.

Avec son épouse d'origine kazakhe, rencontrée sur internet, il avait acheté du matériel - alcool à brûler, acide chlorhydrique - pour faire brûler la maison en emportant les biens de valeur.

Note suspecte

Une «check list», écrite de sa main, avait même été découverte par les enquêteurs: «Finir 3 par 'pouf pouf', nettoyer le sol, évacuer 3, placer gaz, alcool à brûler, ouvrir fenêtre». Trois comme les membres de la famille; pouf, comme le bruit d'une arme à feu.

La note avait été trouvée dans son pantalon après qu'un projet de fuite eut tourné court.

«Ma cliente appréhende cette audience mais reste combative et déterminée à faire valoir son point de vue. Elle répète qu'elle est innocente des faits qu'on lui reproche et qu'elle n'a participé en rien au coup fomenté par Kevin R.», assure l'avocat de Sofya B.

Il ne croit pas à un nouveau «coup de théâtre» cette fois-ci, que provoqueraient les «errances psychologiques» de Kevin R.

Dispositions testamentaires

Le couple, parent d'une petite fille de 2 ans au moment des faits, aurait fomenté son projet d'assassinat à la suite de dispositions testamentaires prises par les parents en faveur de Yann, leur fils aîné. Pour les enquêteurs, les deux auraient «développé un fort ressentiment» à l'égard des parents, «s'estimant délaissés par rapport à la surprotection dont bénéficiait Yann».

Détenue pendant près de trois ans et poursuivie pour complicité d'assassinat, Sofya B. a été remise en liberté, sous contrôle judiciaire, sur ordre de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Pau, le 30 janvier 2019. Elle comparaîtra donc libre mardi.

Le procès devrait se terminer le 18 mars.

(AFP)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.