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Après l’attaque en Syrie, Trump lance un avertissement à Pyongyang

Parti de Singapour, le porte-avions «Carl Vinson» fend les eaux de la mer Jaune au large de la péninsule coréenne.

Depuis les frappes américaines en Syrie du 6 avril, la question est sur toutes les lèvres: les Etats-Unis vont-ils adresser, dans la foulée, un avertissement au régime nord-coréen de Kim Jong-un? C’est chose faite, désormais. Les Etats-Unis ont envoyé un de leurs porte-avions, le Carl Vinson, dans les eaux de la péninsule coréenne. Ce mastodonte de 333 mètres de long à propulsion nucléaire est accompagné de plusieurs autres navires militaires, dont deux destroyers lanceurs de missiles et un croiseur lanceur de missiles.

Plutôt que de faire escale en Australie comme initialement prévu, ce «groupe aéronaval» a pris la route du Pacifique-Ouest, depuis Singapour, pour se diriger vers l’Asie du Nord-Est. Dave Benham, porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, a évoqué une «mesure de précaution», affirmant toutefois que la Corée du Nord restait bien «la menace numéro 1 dans la région».

Cette dernière a réalisé à ce stade cinq tests nucléaires, dont deux en 2016. Le dernier tir de ses missiles balistiques, le 5 avril, est intervenu à la veille d’une rencontre capitale en Floride entre le président chinois Xi Jinping et l’Américain Donald Trump. L’envoi du Carl Vinson se veut un message direct à Pyongyang. Le régime pourrait procéder à d’autres essais ou tirs d’ici au 15 avril, jour de naissance du fondateur de la dynastie rouge de Corée du Nord, Kim Il-sung (1912-1994).

À moyen terme, les Etats-Unis craignent aussi que Pyongyang ne puisse un jour tirer un missile intercontinental capable de frapper le sol américain. De son côté, la Chine, l’unique allié de la Corée du Nord, semble avoir perdu ses traditionnels moyens de pression sur son encombrant voisin, au grand dam de Washington, qui doit désormais faire autrement pour contrer la menace. «Si la Chine ne résout pas le problème de la Corée du Nord, nous le ferons», avait déclaré Donald Trump, au début du mois d’avril dans une interview au Financial Times.

La Chine inquiète

Le mois précédent, lors de sa première tournée en Asie, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avait déjà prévenu que «la politique de patience stratégique», chère à Obama, était «terminée» et que l’option militaire serait posée «sur la table» si les Nord-Coréens élevaient «le niveau de menace de leur programme d’armement».

La Chine est tout aussi irritée par l’imprévisibilité de la Corée du Nord que les Etats-Unis. Elle s’inquiète aussi des progrès supposés de Kim Jong-un en matière de technologie militaire. Preuve d’une forte dégradation des relations entre Pékin et Pyongyang, la Chine avait signé, à la fin de 2016, la dernière résolution de l’ONU imposant des sanctions contre la Corée du Nord. Dans ce cadre, en février 2017, six jours après un nouveau tir de missile, la Chine avait annoncé la suspension jusqu’à la fin de l’année de toutes ses importations de charbon nord-coréen, une importante source de devises pour Pyongyang.

Malgré son agacement réel, la Chine est aussi attachée au maintien de la stabilité dans la région. Elle partage avec son voisin de l’est une frontière de 1400 kilomètres. Un conflit ouvert risquerait d’entraîner des flux migratoires de Nord-Coréens vers son propre territoire, ce que la Chine ne souhaite pas. Par ailleurs, d’un point de vue stratégique, Pékin a intérêt à ce que la Corée du Nord continue de faire «tampon» avec la Corée du Sud, alliée des Etats-Unis.

La Corée du Nord était déjà au cœur de la tournée asiatique de Rex Tillerson en mars, puis à nouveau au menu des discussions, la semaine dernière, entre Xi et Trump. Mais leurs échanges ont été éclipsés par les frappes américaines en Syrie, annoncées peu après son dîner avec son homologue chinois. Le compte-rendu officiel publié par l’agence Xinhua se contentait de dire que les deux dirigeants avaient «échangé leurs opinions sur le problème du nucléaire dans la péninsule coréenne», sans toutefois donner plus de détails.

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