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Attaque chimique en Syrie, la communauté internationale accuse Damas et ses alliés

Cent civils sont morts intoxiqués par un gaz non identifié en Syrie. Ce raid imputé au régime de El-Assad met à mal le processus de paix.

Reuters

Le bilan demeure encore incertain. L’attaque chimique qui s’est déroulée mardi matin dans le village de Khan Cheikhoun, au sud de la région d’Idleb, en Syrie, aurait tué au moins 100 civils et asphyxié des centaines d’autres, selon l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM). L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) faisait état pour sa part d’un bilan de 58 morts, dont onze enfants de moins de huit ans. L’utilisation d’un gaz toxique dans cette région contrôlée par les rebelles et les djihadistes a été unanimement condamnée par la communauté internationale, qui pointe du doigt Damas et ses alliés. L’armée syrienne dément catégoriquement toute implication. Quant aux Russes, ils affirment n’avoir mené aucun raid aérien dans la zone touchée. Le Conseil de sécurité des Nations Unies se réunira en séance extraordinaire ce mercredi.

Selon l’OSDH, les victimes sont décédées en raison des effets de ce gaz non identifié, notamment par suffocation. Citant des sources médicales dans la ville, l’OSDH a fait état d’évanouissements, de convulsions, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes, symptômes qui correspondent à une attaque à l’aide d’agents chimiques. Comble de l’horreur, l’hôpital traitant les blessés a été bombardé quelques heures après ce raid, provoquant d’importantes destructions et la fuite précipitée des médecins. Selon l’OSDH, il s’agit de «la deuxième attaque chimique la plus meurtrière du conflit en Syrie» après celle de la Ghouta, ayant fait plus de 1400 morts en août 2013.

Crime de guerre

L’opposition syrienne, qui accuse comme la Maison-Blanche Damas d’avoir mené cette attaque, a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à ouvrir une «enquête immédiate». Pour Washington, il s’agit d’un «acte odieux du régime de Bachar el-Assad, que le monde civilisé ne peut ignorer». «En 2012, le président Obama a dit qu’il établirait une «ligne rouge» contre l’utilisation des armes chimiques et il n’a rien fait», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, tout en se refusant à dire comment l’administration Trump avait l’intention de réagir. Après l’attaque de la Ghouta, les Etats-Unis avaient menacé d’intervenir militairement en Syrie, avant de renoncer suite à la signature d’un accord avec la Russie, qui prévoyait un démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

A Genève, la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur la Syrie, qui mène des investigations sur ce raid, a dénoncé ces violences «dans les termes les plus forts». Si ces attaques chimiques se confirment, elles constitueraient des crimes de guerre, affirme la commission, dont fait partie la Tessinoise Carla Del Ponte, qui appelle à identifier et poursuivre les responsables. Tandis que Staffan de Mistura, l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, a assuré depuis Bruxelles que l’ONU chercherait à «clairement identifier les responsabilités» et à faire «rendre des comptes» aux auteurs de ce bombardement.

Réunion de crise

Le Royaume-Uni et la France, qui ont fermement condamné ce crime, ont aussitôt demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. L’ambassadrice américaine Nikki Haley, qui tient la présidence tournante du Conseil en avril, a annoncé que la réunion aurait lieu ce mercredi matin.

«Il s’agit manifestement d’un crime de guerre», a déclaré de son côté l’ambassadeur britannique à l’ONU, Matthew Rycroft. «J’en appelle aux membres du Conseil de sécurité qui ont par le passé utilisé leur veto pour défendre l’indéfendable afin qu’ils changent de cap», a-t-il ajouté. Moscou et Pékin avaient mis leur veto en février à une résolution du Conseil de sécurité qui aurait imposé des sanctions à Damas, déjà accusée d’avoir perpétré une attaque à l’arme chimique sur des villages syriens en 2014 et 2015.

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