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Séoul rompt un accord avec le Japon

La Corée du Sud a décidé de mettre fin à un accord de partage de renseignements militaires avec Tokyo.

Cette rupture intervient sur fond de tensions diplomatiques et commerciales entre les deux alliés.
Cette rupture intervient sur fond de tensions diplomatiques et commerciales entre les deux alliés.

La Corée du Sud a annoncé jeudi qu'elle allait rompre un accord de partage de renseignements militaires existant avec le Japon, sur fond de tensions diplomatiques et commerciales. Cette décision a suscité des protestations de Tokyo et Washington.

«Nous avons décidé qu'il n'était pas dans l'intérêt national de maintenir l'accord qui a été signé avec l'objectif d'échanger des renseignements militaires sensibles», a annoncé Kim You-geun, le directeur adjoint du bureau de la sécurité nationale de la «Maison-Bleue», le siège de la présidence sud-coréenne, en référence à un pacte connu sous le nom de GSOMIA.

Le ministre japonais des affaires étrangères a qualifié ce geste d'«extrêmement regrettable». «Je dois dire que la décision de mettre fin à ce pacte par le gouvernement sud-coréen est une totale erreur de jugement de la situation de la sécurité régionale», a estimé Taro Kono dans un communiqué. «Nous ne pouvons accepter les affirmations de la partie sud-coréenne et nous allons protester vivement auprès du gouvernement de Corée du Sud», a-t-il ajouté.

De son côté, le Pentagone s'est dit «très inquiet et déçu» par la décision de la Corée du Sud, tandis que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a de son côté appelé les deux pays à «maintenir le dialogue».

Aggravation du contentieux

Les relations entre Tokyo et Séoul sont plombées depuis des décennies par des contentieux hérités de l'époque où la péninsule était une colonie nippone (1910-1945).

Ce conflit latent est un casse-tête pour Washington, qui compte énormément sur la coopération entre le Japon et la Corée du Sud pour appuyer sa politique dans une région particulièrement tendue du fait de la menace nucléaire nord-coréenne et de la montée en puissance de la Chine.

La brouille entre Tokyo et Séoul a connu une nette aggravation ces dernières semaines, après que des tribunaux sud-coréens ont exigé d'entreprises japonaises qu'elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l'occupation japonaise jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.

Tokyo a riposté le 2 août en décidant de rayer la Corée du Sud d'une liste d'Etats bénéficiant d'un traitement de faveur, mesure perçue comme une sanction par Séoul, qui a répliqué aussitôt avec une radiation similaire.

(AFP)

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