Les rohingyas mettent fin à leur cessez-le-feu

BirmanieL'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) avait décrété une trêve il y a un mois.

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Le cessez-le-feu d'un mois décrété unilatéralement par les insurgés rohingyas a pris fin mardi. Aucun accrochage n'a été signalé au cours de cette période, ont annoncé les autorités birmanes.

L'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) a annoncé cette trêve le 10 septembre dernier afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire dans l'Etat d'Arakan, dans l'ouest de la Birmanie.

Les rebelles de l'ARSA ont lancé une série d'attaques coordonnées contre une trentaine de postes de police et un camp militaire le 25 août dernier avec l'aide de centaines de villageois armés de bâtons ou de machettes. Une douzaine de personnes ont été tuées par les assaillants.

En représailles, l'armée a lancé une vaste campagne de répression dans le nord de l'Etat d'Arakan, dans l'ouest de la Birmanie. Plus de 500'000 Rohingya ont trouvé refuge au Bangladesh voisin. Les Nations unies ont dénoncé une opération de nettoyage ethnique. La Birmanie rejette cette accusation. Selon elle, plus de 500 personnes ont trouvé la mort dans des combats depuis la fin août, des «terroristes» pour la plupart qui avaient selon elle attaqué des civils et incendié des villages.

Apaisement

On ignore la capacité de l'ARSA, groupe apparu en octobre 2016, à défier l'armée birmane. Elle ne semble en tout cas pas avoir été en mesure de résister à l'offensive militaire des dernières semaines.

Les observateurs se demandent comment les insurgés peuvent opérer dans des zones où l'armée a chassé la population civile, privant les rebelles de recrues, de vivres, d'argent et de renseignements. Depuis quelques jours, les autorités redoublent de vigilance et la sécurité a été renforcée à Sittwe, la capitale de l'Etat d'Arakan.

«Nous avons reçu des informations selon lesquelles l'ASRA pourrait lancer des attaques, mais rien de tel n'a été signalé», a dit un porte-parole du gouvernement birman.

Les insurgés ont fait savoir samedi qu'ils étaient disposés à répondre à tout geste d'apaisement de Rangoun et ont renouvelé leurs revendications pour faire reconnaître les droits de la minorité musulmane, dont les membres n'ont pas le statut de citoyen en Birmanie, qui les considère comme des apatrides.

Rallye «interreligieux»

Par ailleurs, des dizaines de milliers de Birmans ont participé mardi à un grand rallye «interreligieux» co-organisé par le parti au pouvoir, soucieux de casser l'image d'une Birmanie bouddhiste xénophobe, alors que la crise perdure avec les rohingyas. «Cette cérémonie doit montrer au monde que toutes les religions dans notre pays cohabitent en toute amitié», a expliqué Win Maung, élu de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti de la dirigeante Aung San Suu Kyi.

Selon les organisateurs, l'événement a mobilisé 40'000 personnes, qui ont réussi à quasiment remplir un grand stade de football de la capitale économique Rangoun, selon l'AFP sur place. Il s'agit du premier rassemblement interreligieux organisé en Birmanie depuis le début de l'exode des Rohingyas vers le Bangladesh voisin. (ats/nxp)

Créé: 10.10.2017, 06h49

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