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Le Pakistan fait bloquer par Twitter des sites «blasphématoires»

Le site de microblogage Twitter a bloqué pour la première fois au Pakistan du contenu web «blasphématoire», portant atteinte au prophète de l'islam Mahomet. L'opération a été effectuée à la demande des autorités.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, AFP

Le Pakistan avait brièvement bloqué Twitter en mai 2012 en raison de la diffusion de contenus «blasphématoires» relatifs à un concours controversé de caricatures du prophète Mahomet.

Le «pays des purs» avait aussi à l'époque demandé à Facebook de retirer du contenu heurtant «les sentiments des musulmans». Mais le géant américain s'était alors plié à sa demande. Quelque mois plus tard, le Pakistan avait interdit YouTube après la diffusion du film anti-islam «L'innocence des musulmans».

Concours de caricatures de Mahomet

Or le retrait par Twitter de contenus à la demande du Pakistan constitue une première pour ce site. Il a permis de bloquer quelques liens olé-olé et surtout relatifs à l'édition annuelle d'un concours de caricatures de Mahomet.

Du 5 au 14 mai dernier, l'Autorité pakistanaise des télécoms (PTA) a demandé à cinq reprises à Twitter de bloquer l'accès à des tweets «blasphématoires» et des comptes de stars du porno.

Ces données ont été rendues publiques cette semaine par le «Chiling effects Clearinghouse», un partenariat entre de grandes universités américaines comme Harvard et Twitter visant justement à diffuser ces demandes de blocage de contenus.

Peine de mort demandée

«Pour la première fois, Twitter a déployé au Pakistan son outil pour masquer du contenus...», souligne ce projet sur son site internet.

Vendredi, l'AFP à Islamabad a tenté de consulter ces «tweets» controversés mais un message en anglais apparaissait à l'écran pour préciser qu'ils étaient «bloqués au Pakistan». Certains comptes ont aussi été «suspendus» de Twitter hors du pays.

Au Pakistan, le contrôle du web et les questions relatives au blasphème sont des sujets épidermiques. La loi sur le blasphème, actuellement au cœur d'un vif débat opposant les autorités à de chaînes de télévision, prévoit en effet jusqu'à la peine de mort pour les personnes dénigrant Mahomet.

En parallèle, des associations pour un libre accès au web critiquent le secret entourant le «Comité inter-ministériel sur l'évaluation des sites internet», organe de l'ombre qui dicte à l'Autorité des télécoms le contenu à purger de la toile.

Début mai, le parlement pakistanais avait voté à l'unanimité en faveur de la levée de l'interdiction de YouTube. Mais le site de partage de vidéos demeure toujours bloqué. Signe, selon des associations, de la mainmise sur le web par les puissants services de renseignement.

(ats)

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