Quelque 30'000 manifestants dans les rues de Bangkok

ThaïlandeQuelque 30'000 manifestants hostiles à la Première ministre Yingluck Shinawatra ont défilé lundi dans Bangkok, dont un millier sont entrés de force dans le siège du ministère des Finances.

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Les manifestants réclamant le départ de la Première ministre thaïlandaise ont accru leur pression de façon spectaculaire lundi, pénétrant dans deux ministères et menaçant de s'emparer d'autres, dernière étape en date du mouvement de rue le plus important depuis la crise de 2010.

Face à la contestation grandissante, Yingluck Shinawatraa annoncé l'extension d'une loi de sécurité spéciale dans toute la capitale.

«Le gouvernement demande à la population de ne pas se joindre à des manifestations illégales et de respecter la loi», a déclaré Yingluck Shinawatra, annonçant l'extension du périmètre de la Loi de sécurité interne, qui renforce le champ d'action de la police. Elle a fait cette annonce après que des centaines de manifestants sont entrés lundi après-midi dans le complexe du ministère des Finances.

«C'est la dernière étape de la désobéissance civile», a déclaré à la foule Suthep Thaugsuban, un des dirigeants du Parti démocrate, principal parti d'opposition, entré dans le complexe avec ses partisans. «Si les fonctionnaires ne cessent pas leur travail, nous prendrons tous les ministères demain pour montrer que le système Thaksin n'a pas de légitimité à diriger le pays», a-t-il ajouté.

Camping protestataire

Plus de 30'000 manifestants ont défilé lundi à travers la capitale thaïlandaise en direction de bâtiments publics, de casernes militaires et des sièges de chaînes de télévision publiques, pour inciter les fonctionnaires à se joindre à leur mouvement.

En fin de journée, les manifestants ont pénétré dans le complexe du ministère des Affaires étrangères, qui n'était apparemment pas gardé par les forces de l'ordre, en cassant le portail. Ils ont demandé aux fonctionnaires de partir et de ne pas revenir mardi, a précisé le porte-parole du ministère.

Plusieurs dizaines de milliers d'opposants ont ensuite marché vers une dizaine de sites, dont les sièges de la police et de l'armée. Ils s'apprêtaient à dormir près des ministères et au pied du Monument de la Démocratie, lieu emblématique de leur mouvement. Les tentes sont plantées depuis des jours et l'organisation bien rodée, entre distribution de nourriture et bus-WC.

Des roses en cadeau

Eparpillés dans la capitale, les manifestants agitaient des drapeaux thaïlandais, dans un bruit assourdissant de sifflets qui sont devenus leur signe de ralliement. Criant «Thaksin dehors, l'armée avec nous!», certains d'entre eux ont appelé à une intervention militaire et ont symboliquement remis des roses à des membres des forces de l'ordre.

Les partisans de l'opposition s'étaient déjà rassemblés dimanche, après des semaines d'une mobilisation quasi quotidienne faisant craindre des débordements.

Cette mobilisation est d'une ampleur inédite depuis les troubles meurtriers survenus en 2010 entre partisans et adversaires de Thaksin Shinawatra.

L'amnistie de la colère

C'est un projet de loi d'amnistie qui a provoqué la colère des manifestants. Ils estiment qu'elle pourrait permettre le retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de l'actuelle Première ministre, Yingluck Shinawatra. Thaksin est en exil pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour malversations financières.

Le rejet de ce projet de loi par le Sénat, puis sa suspension, n'ont pas suffi à calmer l'opposition. La mobilisation s'est transformée en mouvement de contestation générale contre Yingluck Shinawatra, considérée par ses détracteurs comme la marionnette de son frère.

Un débat sur une motion de censure est prévu mardi au Parlement mais Yingluck Shinawatra affirme qu'elle ne démissionnera pas. De leur côté, les Etats-Unis ont lancé un appel au calme, se disant «inquiets» de la montée des tensions.

Dix-huit coups d'Etat

La Thaïlande a connu 18 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932, dont celui qui l'a renversée en 2006.

La forme que prend la contestation actuelle ressemble au mouvement des «chemises jaunes» en 2008. Ces opposants à Thaksin Shinawatra avaient alors bloqué les aéroports de Bangkok et organisé de vastes manifestations dans la capitale. (ats/afp/nxp)

Créé: 25.11.2013, 09h22

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