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Les Hongkongais digèrent mal le choix de Pékin

Désignée dimanche chef du gouvernement de Hong Kong, la favorite de la Chine, Carrie Lam, se présente comme la réunificatrice. Mais elle ne convainc pas.

Carrie Lam
Carrie Lam
Keystone

L’état de grâce n’aura duré que quelques heures. Lundi au petit matin, la police a signifié à neuf personnes – des députés, d’anciens meneurs étudiants ou fondateurs de la «révolte» des parapluies – qu’elles allaient être poursuivies pour troubles à l’ordre public. Leur tort? Avoir participé aux manifestations prodémocratie «illégales» de l’automne 2014. Pendant des semaines, des milliers de manifestants avaient demandé, en vain, que l’élection qui a eu lieu dimanche se tienne au suffrage universel.

Le camp prodémocratie a bien gagné du terrain lors des élections de 2016. Mais pas suffisamment pour représenter dimanche un contrepoids au camp de Pékin lors d’un scrutin joué d’avance. Car la désignation de la candidate adoubée par la Chine ne faisait pas l’ombre d’un doute. Carrie Lam a été désignée à la tête de l’Exécutif de la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong grâce au suffrage de 777 des 1194 membres d’un petit comité électoral largement acquis à la Chine, sans que les 3,8 millions d’électeurs n’aient eu voix au chapitre.

Née et éduquée dans l’ex-colonie britannique, Carry Lam sert l’administration hongkongaise depuis trente-six ans et était jusqu’en janvier l’adjointe du chef du gouvernement actuel, Leung Chun-ying, surnommé «CY». Carrie Lam a voulu pendant la campagne se démarquer du bilan de «CY», honni par les démocrates autant que par les milieux d’affaires. Elle a relégué aux oubliettes les dossiers sociaux des retraites et de l’encadrement du temps de travail, pour s’attirer les grâces des tycoons locaux. Elle a dans le même temps tenté de séduire les Hongkongais mais n’a eu de cesse de se ridiculiser, reconnaissant par exemple ne pas savoir où acheter du papier toilette ni comment prendre le métro.

«Plus elle a essayé de changer son image, plus elle est apparue déconnectée de la majorité des Hongkongais et prête à ne rendre de comptes qu’à Pékin», résume Edmund Cheng, chercheur à l’Université baptiste de Hong Kong. Résultat, celle qui ne prendra ses fonctions que le 1er juillet, le même jour que le 20e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, pâtit déjà d’une grande impopularité.

Carrie Lam, qui a affirmé dimanche que la priorité était de réconcilier une société hongkongaise déchirée par les événements de 2014, a peiné à expliquer les poursuites annoncées lundi, brandissant «l’indépendance» de la justice. Le Ministère de la justice a soutenu, lui, que les calendriers politique et judiciaire n’étaient pas liés.

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