La Chine se remet au travail malgré la peur du coronavirus

ÉpidémieLa pause du Nouvel-An finie, les salariés regagnent bureaux et usines. L’économie montre d’inquiétants signes d’essoufflement.

Pour sa première apparition depuis le début de l’épidémie, le président Xi Jinping a visité lundi un hôpital de Pékin.

Pour sa première apparition depuis le début de l’épidémie, le président Xi Jinping a visité lundi un hôpital de Pékin. Image: AP

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Timide retour de vacances, lundi à Pékin. Longtemps repoussée pour contrôler l’expansion de l’épidémie de coronavirus, la reprise du travail n’a pas suffi à redonner vie à la capitale, paralysée depuis un mois, comme le reste du pays. Les axes routiers étaient à peine plus empruntés que les semaines passées, malgré l’arrêt de la circulation alternée pour inciter les Pékinois à prendre leur voiture plutôt que les transports en commun. Les lignes de métro et de bus étaient toujours aussi clairsemées.

Après plus d’un mois de repos forcé, quelques usines ont repris leur activité. À l’entrée des sites, systèmes de désinfection et contrôles de température obligatoires pour les travailleurs, qui doivent également indiquer les dernières villes qu’ils ont visitées.

Dans le secteur tertiaire, beaucoup d’entreprises ont demandé à leurs salariés de travailler de chez eux pour éviter toute contamination, mais certains ont dû effectuer un retour physique au bureau. «L’ambiance est totalement déprimante, tous mes collègues avaient un masque sur la bouche, c’est assez impressionnant de travailler dans ces conditions», partage Sun, employée dans le secteur du commerce, qui a terminé sa journée plus tôt que d’habitude, à 16 heures.

Des prix à la hausse

La reprise devrait être progressive cette semaine. Une partie des 8 millions de travailleurs migrants qui ont passé les congés du Nouvel An dans leur famille en province sont rentrés à Pékin. Les autres devraient revenir cette semaine. Ce retour massif de citoyens de tout le pays inquiète, alors que Pékin est pour l’instant relativement épargné par l’épidémie, avec 326 cas recensés et deux morts, sur un total de plus de 900 morts et 40'000 contaminés.

Le pouvoir chinois a tenté d’allonger les congés au maximum, poussant la population à rester cloîtrée chez elle. Mais la Chine s’est résolue à reprendre une vie normale, poussée par de premiers signes inquiétants pour son économie.

Le Bureau national des statistiques a annoncé lundi que l’inflation avait progressé de 5,4% en janvier par rapport au même mois l’an dernier. C’est la plus forte augmentation depuis 2011, et elle fait suite à plusieurs mois d’augmentation des prix, conséquence de la fièvre porcine africaine qui a fait flamber le prix du porc de 116% sur les douze derniers mois. Les mesures draconiennes opérées par le régime communiste et la mise en quarantaine de plusieurs dizaines de millions de citoyens ont ralenti les chaînes d’approvisionnement et incité les Chinois à faire des réserves. Résultat, les prix des légumes ont bondi de 15,3% en janvier.

À quand le pic?

Désormais, la question est de savoir quelle sera la durée de l’épidémie. Certains experts estiment que le pic de contamination pourrait être atteint dans les prochains jours ou la semaine prochaine, alors que d’autres penchent pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour venir à bout du coronavirus. Dimanche, la Chine a enregistré son record de cas recensés en une seule journée avec 97 personnes nouvellement contaminées. Or, plus la lutte menée par la Chine sera longue, plus les conséquences économiques se feront ressentir pour la seconde puissance mondiale.

Les prédictions les plus pessimistes tablent sur une perte de 2% de points de croissance au premier semestre pour le PIB chinois. En 2003, lors de l’épidémie du SRAS, la croissance chinoise avait été amputée de 1,2%. Alors que le PIB a crû de 6% en 2019, le taux le plus faible en près de trente ans, le coronavirus pourrait déstabiliser le régime communiste. Il fait face à un mécontentement croissant de sa population sur sa gestion d’une crise sanitaire devenue le plus grand défi de la présidence de Xi Jinping.

Ce dernier est apparu lundi pour la première fois en public depuis le début de l’épidémie. Masque sur la bouche, il a visité l’un des hôpitaux de Pékin désigné pour traiter les patients atteints du coronavirus et a lui aussi dû se soumettre à un test de température. Suscitant des commentaires d’internautes sur le fait que le cœur du problème ne se trouvait pas à Pékin, mais dans la province de Hubei, foyer de l’épidémie.

Créé: 10.02.2020, 21h27

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