Fukushima: retours forcés dénoncés

Japon Des personnes évacuées de la centrale nucléaire accidentée ont dénoncé au côté de militants la politique des autorités.

Il est désormais possible de «vivre normalement» près de la centrale, selon les autorités.

Il est désormais possible de «vivre normalement» près de la centrale, selon les autorités. Image: Keystone

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Partis il y a près de six ans par peur de la radioactivité, des évacués de Fukushima ont dénoncé mardi à Tokyo, au côté de militants, la politique des autorités. Celle-ci les prive de soutien pour les forcer à rentrer chez eux.

«A cause des saignements de nez, diarrhée et vomissements de ma fille de 12 ans, en juin 2011 (trois mois après l'accident nucléaire), nous avons décidé que je devais partir avec les enfants, laissant mon mari continuer à tenir notre restaurant à Koriyama.

Nous avons fui dans la région de Kanagawa (banlieue de Tokyo), ce que nous n'aurions pas fait sans cette catastrophe atomique», a raconté à des journalistes étrangers une ex-habitante de la province de Fukushima, Noriko Matsumoto.

31 mars, fin de l'aide

Comme elle, quelque 26'600 personnes parties «de leur propre initiative» (selon le vocabulaire officiel) n'auront bientôt plus d'aide financière au logement, les autorités cessant de les subventionner le 31 mars.

Le gouvernement avait ordonné des évacuations en fonction du niveau d'exposition aux radiations. Là où ce seuil n'était pas dépassé, fuir ou rester était laissé au libre arbitre des habitants. Ceux qui sont partis sans ordre ont depuis reçu des soutiens, mais pour une durée déterminée qui prend fin.

Critères dénoncés par les experts

«Nous voudrions rentrer s'il n'y avait pas eu l'accident, mais dans les conditions actuelles, nous ne le pouvons pas. Nous ne cessons de nous inquiéter pour notre santé», a poursuivi Mme Matsumoto, très émue, alors que des experts dénoncent les critères du gouvernement qui considère la région comme en grande partie saine.

«Les évacués dits volontaires tendent à être ignorés par les autorités» alors que dans quelques semaines plus de 26'600 personnes «ne savent pas où elle habiteront», a insisté l'essayiste Chia Yoshida, auteur d'un ouvrage sur le sujet.

«Ils ont le choix entre rentrer dans une zone dans laquelle ils ne veulent pas habiter, craignant d'être exposés aux radiations, ou devenir pauvres à cause de la charge financière d'un logement qu'ils devront payer eux-mêmes», a-t-elle déploré.

Familles séparées

Beaucoup de familles vivent en outre séparées, les femmes et enfants ayant quitté la région quand le père est resté pour travailler.

Il est désormais possible de «vivre normalement» dans les zones en question, a assuré de son côté un porte-parole de la préfecture de Fukushima. «Donc nous ne sommes plus en mesure de fournir un logement temporaire», a-t-il dit, tout en assurant que les évacués les plus démunis continueront à recevoir un petit apport financier. (ats/nxp)

Créé: 17.01.2017, 11h58

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