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Ces artistes qui chantent Charlie Hebdo

Depuis le 7 janvier, les chansons sur Charlie Hebdo se sont multipliées. Certains artistes ont par ailleurs dû se justifier au sujet de textes écrits avant les attaques.

Un extrait du clip de Matthieu Chedid, dit -M-.
Un extrait du clip de Matthieu Chedid, dit -M-.
YouTube - -M-

L'attentat contre Charlie Hebdo inspire des chansons enregistrées sous le coup de l'émotion - le chanteur -M- a diffusé la sienne lundi après Grand Corps Malade ou Tryo - mais contraint aussi des rappeurs à se justifier sur des textes écrits avant.

Matthieu Chedid, dit -M-, est venu lundi enrichir la bande-son hommage à Charlie. Dans ce titre, «Comme un seul homme», mis en ligne gratuitement, le fils de Louis Chedid rend hommage aux dessinateurs tués et au rassemblement républicain du 11 janvier.

«Je marche ma douleur/Et je marche Charlie», chante -M- dans ce titre plutôt funky et optimiste: «Nous avons vu pousser dans le cœur de Paname/Des fleurs d'éternité/Pour célébrer toujours/L'humour en liberté». On peut entendre à ses côtés la voix de sa sœur Anna, connue sous le nom de Nach. Avec leur père Louis et leur frère Joseph (dit Selim), tous partiront en mai pour une tournée 100% Chedid.

«Mal à l'être humain»

L'attentat qui a visé Charlie a inspiré de nombreux chanteurs. Le slameur Grand Corps Malade a été l'un des premiers à poster en ligne un morceau baptisé #JeSuisCharlie (2,6 millions de vues à ce jour sur YouTube). «Faisons en sorte que cet élan s'affiche plus loin que sur Twitter», réclamait le slameur, disant avoir «mal à l'être humain».

Dès le lendemain de l'attentat, Jeanne Cherhal, Camille, Emily Loizeau et La Grande Sophie, réunies dans le groupe Les Françoises, avaient modifié l'un de leurs titres («Je m'appelle Françoise» devenu «Je m'appelle Charlie») sur France Inter.

De Tryo à Francis Lalanne

Au fil des jours, de nouvelles vidéos hommage ont fleuri: le groupe Tryo (proche du dessinateur Tignous, tué dans l'attentat), le rappeur Oxmo Puccino ou même Francis Lalanne, lequel s'est attiré quelques railleries.

JB Bullet, un guitariste anonyme, a également créé le buzz en réécrivant la chanson «Hexagone», de Renaud, qui fut aussi chroniqueur pour Charlie. «Si tu me demandes où est Charlie... A jamais dans nos esprits», chante le jeune homme dans une vidéo qui, postée sur Facebook 24 heures après l'attaque, compte aujourd'hui plus de 11 millions de vues.

«Jeu diabolique de l'escalade des haines»

La plupart des rappeurs, comme tout le monde de la musique, ont condamné l'attentat: Diam's, convertie à l'islam en 2008, a appelé à ne pas se laisser «prendre au jeu diabolique de l'escalade des haines» ou Youssoupha, musulman également, a apporté son soutien aux familles des victimes.

Néanmoins, «pour la plupart des artistes de hip-hop, il y a une grande gêne» car ils avaient pour la plupart «au mieux de l'indifférence pour Charlie», rappelle le journaliste Olivier Cachin, spécialiste du rap, notamment car beaucoup sont musulmans.

Certains ont même dû prendre la plume pour justifier des textes plus anciens qui auraient pu être mal interprétés après l'attentat.

«Un cocktail de peur, de tristesse et de colère»

C'est le cas notamment de Nekfeu, qui avait fait bondir la rédaction de Charlie Hebdo en 2013: dans une chanson réalisée en marge du film «La Marche», ce membre du collectif 1995 clamait: «Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo.»

Dès le 7 janvier au soir, le rappeur a exprimé sur Facebook son «regret» sur cette formule, assurant qu'il ne s'agissait que «de piques lancées de part et d'autres et les auteurs de Charlie Hebdo n'avaient ni porté plainte ni donné suite a cette 'querelle' qu'ils avaient clôturée par une caricature de moi à leur habitude».

«Un cocktail de peur, de tristesse et de colère»

Disiz, rappeur qui avait eu des mots très durs contre l'hebdomadaire en 2013, a également condamné l'attentat en se disant «tétanisé par un cocktail de peur, de tristesse et de colère».

Médine a également dû défendre sa chanson «Don't Laïk» où il propose de crucifier les «laïcards» et de «scie(r) l'arbre de leur laïcité».

Un titre mis en ligne le 1er janvier et aussitôt qualifié d'«intégriste» par l'essayiste Caroline Fourest, ex-collaboratrice de Charlie Hebdo citée dans la chanson mais que le rappeur défend comme une simple «caricature» dénonçant un «laïcisme» synonyme d'exclusion.

«Ici, il est important de distinguer Laïcisme de Laïcité» peut-on lire sur sa page YouTube. «Le Laïcisme est une version dévoyée de la laïcité. Ma critique s’adresse à cette dérive exclusive, qui se drape dans la notion d’égalité en stigmatisant le religieux. La Laïcité, qui je le rappelle est secourue dans ce morceau, semble être l’une des solutions au bien vivre ensemble quand elle est appliquée rigoureusement. Par ailleurs, il ne s’agit pas d’attaque envers une quelconque autre confession ou non-confession.»

(AFP)

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