L’arrivée au parlement allemand rapporte gros aux populistes de l’AfD

UltradroiteLe parti Alternative pour l’Allemagne va recevoir de l’Etat plus que deux fois son budget de 2016.

En mettant les pieds pour la première fois au Bundestag, ce parti populiste de droite voit aussi sa situation financière s’améliorer.

En mettant les pieds pour la première fois au Bundestag, ce parti populiste de droite voit aussi sa situation financière s’améliorer. Image: Keystone

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Les 92 députés du parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) ont fait leur entrée officielle ce mardi au Bundestag. Sans surprise, ses membres ont multiplié les provocations et fait souffler un vent de changement, sur le fond comme sur la forme. «Aujourd’hui commence une nouvelle ère», a lancé le député Bernd Baumann.

Une nouvelle ère en tout cas pour les comptes du parti, c’est certain. En mettant les pieds pour la première fois au Bundestag, ce parti populiste de droite voit aussi sa situation financière s’améliorer. Selon certaines estimations de la presse allemande, l’AfD, fondée il y a seulement quatre ans et qui a grandi sur le dos de la crise migratoire, pourrait obtenir entre 10 et 12 millions d’euros de la part de l’Etat… soit plus du double de son budget de 2016! Ces estimations tiennent uniquement compte des subsides versés en fonction des résultats électoraux. L’Alternative pour l’Allemagne a obtenu le vote de 5,87 millions d’électeurs le 25 septembre, lors des élections législatives, sans compter les millions d’électeurs qui lui ont donné leurs voix lors des élections régionales de ces derniers mois.

Jackpot!

A cela s’ajoute le financement public auquel le groupe parlementaire a droit, soit environ 400 000 euros par mois. Chaque député perçoit par ailleurs un salaire mensuel brut de 9500 euros et se voit allouer près de 15 000 euros supplémentaires pour les salaires et logements de son équipe.

L’AfD pourrait aussi exiger que soient versés des fonds en faveur de sa fondation politique, Desiderius Erasmus Foundation. De fait, l’Etat dispose d’une enveloppe de plus de 500 millions d’euros par an destinée à soutenir les diverses fondations politiques proches des partis représentés au Bundestag. Généralement, avant de les soutenir, les autorités s’assurent de la viabilité des formations politiques en jeu et attendent qu’elles soient représentées au Bundestag lors de deux législatures. Or l’AfD vient d’entrer pour la première fois au parlement fédéral et ne veut pas attendre. Elle souhaite obtenir un financement dès maintenant et argue de sa présence au niveau régional et européen depuis 2013.

Financements douteux en Suisse?

Derrière ce débat se joue surtout la politique d’influence d’un parti dont certains membres flirtent avec l’extrême droite. «Ces fondations politiques mènent des travaux d’éducation politique et sont évidemment orientées sur la politique de leur parti», constate la politologue Heike Merten. «C’est le cas avec la fondation liée à l’AfD. Elle va soutenir ses idées au sein de la société.»

Se posent par ailleurs des questions plus globales sur le financement de ce parti populiste. En septembre, avant les élections législatives, l’association indépendante Lobby Control a accusé l’AfD de financer ses affiches électorales par «des sources douteuses». Elle soupçonne aussi l’AfD de percevoir des financements illégaux et met en cause l’agence de relations publiques suisse Goal AG, dirigée par le publicitaire Alexander Segert. Cette agence a soutenu par le passé le parti UDC et aurait financé des événements politiques pour des hommes politiques de l’AfD, dont le député européen Marcus Pretzell.

Créé: 24.10.2017, 20h30

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