Montebourg appelle Valls à la démission

FranceLe candidat à la primaire de la gauche incite le Premier ministre à aller «au bout de sa visible et éphémère exaspération».

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Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, ironise sur la colère de Manuel Valls face à François Hollande, en l'incitant à aller «au bout de sa visible et éphémère exaspération» en démissionnant de Matignon, dans un entretien au Journal du dimanche.

«Le Premier ministre a mis en oeuvre des réformes qui ont laissé des fractures encore ouvertes dans ce qui reste de majorité, comme la déchéance de nationalité et la loi travail, imposées en force. La théorie des gauches irréconciliables qu'il a créée s'effacerait-elle soudain pour les besoins d'une campagne électorale ?», lance l'ancien ministre de l'Economie.

Répondant à l'appel au rassemblement de la gauche du chef du gouvernement, Arnaud Montebourg «préfère lui dire +Quitte le gouvernement et sois candidat à la primaire ! +» car «ce serait la suite logique de sa protestation à l'égard du président de la République». «Il devrait aller au bout de sa visible et éphémère exaspération», ajoute-t-il.

La victoire, il y «croit dur comme fer»

Lui «croit dur comme fer» à la possibilité de remporter la présidentielle et il entend bien incarner «l'alternative» à François Hollande, qu'il compte battre à la primaire. «Je ne suis pas dans la candidature de témoignage. J'ai déjà fait cela et j'en ai épuisé les charmes», dit-il.

Et si le chef de l'Etat le battait, il «accepterait le résultat» mais ne ferait pas campagne pour lui. «Il y a deux conceptions du ralliement: la conception maximale que j'ai déjà faite la dernière fois, en 2011, et la conception minimale, ce sera la mienne», prévient Arnaud Montebourg. «Je suis sûr que si vous interrogez le président de la République et qu'il est battu par mes soins -ce que j'ai bien l'intention de faire- il choisira, lui aussi, la position minimaliste», ajoute-t-il.

A la question : «Hollande peut-il encore être candidat ?», Arnaud Montebourg lâche: «nous avons besoin de renaissance et de renouveau».

Se plaçant dans la perspective d'une défaite de Nicolas Sarkozy face à Alain Juppé à la primaire de la droite, il se félicite par avance de la «leçon de pédagogie pour les électeurs de la primaire de gauche, qui pourront faire de même avec Hollande s'il venait à se présenter». «La gauche peut et doit battre Juppé. C'est ce que je veux faire avec les millions de Français qui veulent tourner la page de ce quinquennat», affirme-t-il.

Montebourg prêt à s'allier avec le PCF

Arnaud Montebourg est prêt à faire l'union avec le PCF dès le premier tour de la présidentielle mais ne voit pas d'axe avec Jean-Luc Mélenchon, de par «sa radicalité» et «son isolement». Assurant avoir été «beaucoup inspiré» par François Mitterrand et sa «stratégie de l'union», l'ancien ministre de l'Economie «souhaite réaliser l'union des gauches».

A la question «dès le premier tour» de la présidentielle «avec les communistes ?», il répond: «pourquoi pas, s'ils le souhaitent ? Mon projet a été applaudi à la Fête de l'Humanité comme dans des cercles d'entrepreneurs devant lesquels je tiens exactement le même langage». En revanche, pas de rapprochement en vue avec Jean-Luc Mélenchon: «ce qui (le) sépare du reste de la gauche, c'est sa radicalité et son isolement», assène Arnaud Montebourg.

«Il faut unir les Français et non les radicaliser. Je défends un programme d'alliances des forces productives, c'est-à-dire la construction d'un compromis historique entre les forces économiques et les forces sociales. Mon programme est socialiste mais pas seulement: il est aussi républicain, écologiste, et même gaulliste social», souligne-t-il.

Macron, cet «oliguénarque»

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, juge que son successeur à Bercy, Emmanuel Macron, fait partie des «oliguénarques, ce mélange d'oligarques et d'énarques» qui «ont conduit la France là où elle en est».

A la question de savoir si Emmanuel Macron peut lui aussi représenter une alternative, l'ancien ministre de l'Economie lâche: «Macron, c'est un peu monsieur X. Qui est cet homme ? Que défend-il ? Moi je construis une alliance des forces productives, autour des entrepreneurs, petits patrons, cadres, ouvriers, les indépendants», déclare-t-il en annonçant le prochain lancement d'un «Cercle des entrepreneurs avec Arnaud Montebourg».

Une alliance qui ne comprendra «pas les banquiers ni les énarques», assure-t-il. «Les Macron, quoi ?», le relance-t-on. «Ceux que j'appelle les +oliguénarques +, ce mélange d'oligarques et d'énarques, ces anciens camarades de promotion qui se partagent le pouvoir politique et administratif et, par-delà les alternances, ont conduit la France là où elle en est», assène Arnaud Montebourg. (afp/nxp)

Créé: 30.10.2016, 00h20

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