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«Notre Armée de l’islam est tout sauf criminelle»

Entretien avec les membres d’une importante force rebelle excédés d’être confondus avec le très sanguinaire groupe Etat islamique

Dans la région de Ghouta, la population syrienne subit de plein fouet les affrontements.
Dans la région de Ghouta, la population syrienne subit de plein fouet les affrontements.
Keystone

Nous les appellerons Marwan, Bassem et Ayman. Leurs vrais noms, par prudence, ils refusent de les voir publiés. De même que l’endroit où se tient l’entretien. Car ces trois-là se disent actifs sur le front syrien, au sein du redoutable Jaysh al-Islam (Armée de l’islam). Une affirmation confirmée par des humanitaires en Suisse. Leur «armée» compterait quelque 18 000 hommes à travers le pays, dont 10 000 à Ghouta-Est, près de Damas. Le tout sous le commandement du très respecté Zahran Alloush, fils d’un «érudit» salafiste en Arabie saoudite. Peut-être la principale force rebelle. En quoi cette Armée de l’islam (Jaysh) est-elle donc différente des combattants barbares du groupe Etat islamique (Daech)? «Nous n’avons rien à voir avec ces criminels qui violent la religion en décapitant (ndlr: des Occidentaux) ou en réduisant en esclavage des femmes (ndlr: yazidies)!» assène un Bassem imberbe et un brin rondouillard. Conseiller politique du cheikh Alloush, il ne dit mot des kidnappings à Adra dont est soupçonné Jaysh al-Islam. Il affirme par contre avoir prévenu il y a plus d’un an que Daech était dangereux. «Nous ne reconnaissons pas son pseudo-califat. Il ne comprend rien à l’islam.»

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