Arafat, mort il y a dix ans, plus présent que jamais

Moyen-OrientLe 11 novembre 2004, le leader palestinien s’en allait. Son ombre plane sur la situation tendue en Israël et dans les Territoires occupés

Le 29 octobre 2004, le leader palestinien quittait Ramallah pour rejoindre la Jordanie d'où il s'envolerait pour être hospitalisé à Paris.

Le 29 octobre 2004, le leader palestinien quittait Ramallah pour rejoindre la Jordanie d'où il s'envolerait pour être hospitalisé à Paris. Image: AFP

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A-t-il été empoisonné au polonium, comme peut le laisser entendre l’hypothèse étayée dans un rapport de 108 pages par les experts du CHUV, à Lausanne, rendu en décembre 2013? Ou était-ce une mort naturelle, comme ont prétendu les experts français, ainsi que russes, juste après la publication des résultats suisses? Dix ans exactement après la disparition de Yasser Arafat, le mystère sur les circonstances de sa mort dans un hôpital parisien demeure entier. Et il risque bien de le rester, embrumé par les considérations politiques du dossier.

Attaques au couteau

En revanche, l’héritage de son combat pour la création d’un Etat palestinien a de quoi hanter les nuits des responsables israéliens au moment où de jeunes Arabes recommencent à se révolter. A Jérusalem-Est, où la construction de logements pour les Israéliens est à l’œuvre, pas une nuit ne se passe sans des affrontements entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens.

Pourra-t-on éviter une nouvelle Intifada? Les violences se multiplient non seulement à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée, mais aussi dans les communautés arabes israéliennes. Dimanche, vingt jeunes ont été arrêtés par la police israélienne après des jets de pierres dans un village près de Nazareth, au nord d’Israël: ils se révoltaient contre la mort d’un jeune abattu dans le dos par la police. Cet après-midi, un Palestinien a poignardé un soldat israélien à Tel-Aviv, gagnée à son tour par les tensions. Ce soir, une Israélienne est morte sous des coups de couteau en Cisjordanie.

L'UE met la pression

Le bon souvenir d’Arafat arrive aussi au moment où la communauté internationale est de plus en plus encline à condamner un Benyamin Netanyahou plus prompt à faire avancer la colonisation à Jérusalem-Est et à céder aux revendications de l’extrême droite qu’à œuvrer pour les compromis aptes à relancer des négociations.

Dans ce contexte, l’Union européenne et les Etats-Unis mettent la pression sur Israël. Après la reconnaissance symbolique il y a une dizaine de jours de l’Etat palestinien par la Suède - devenant le 113e pays à le faire - la nouvelle cheffe de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, est venue plaider ce week-end à Ramallah pour «la création d’un Etat palestinien, avec Jérusalem-Est pour capitale». Un affront pour Israël, qui fait de l’indivisibilité de la ville sainte un principe intangible. Federica Mogherini a annoncé son intention de plaider auprès de chaque membre de l’UE pour la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Il est aussi question de prendre des sanctions en représailles à la politique de colonisation israélienne. La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne y sont de plus en plus sensibilisées. Du côté des Etats-Unis, un lâchage d’Israël n’est bien sûr pas à l’ordre du jour, mais l’exaspération de Washington envers Benyamin Netanyahou est également à son comble.

Enfin, le spectre de Yasser Arafat plane aussi sur des factions palestiniennes divisées. Alors que le Fatah du président Mahmoud Abbas devait commémorer l’anniversaire de la mort de son leader défunt, le parti a annoncé l’annulation des célébrations à Gaza. Le Hamas, au pouvoir à Gaza, avait indiqué qu’il ne pourrait assurer la sécurité de l’événement…

Créé: 10.11.2014, 19h11

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