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ConflitL'Arabie saoudite bombarde les rebelles au Yémen

Le royaume saoudien sunnite affirme vouloir faire face à l'«agression» de son rival chiite iranien.

Des avions de combat de plusieurs pays arabes ont bombardé des positions militaires tenues par les rebelles Houthis.
Des avions de combat de plusieurs pays arabes ont bombardé des positions militaires tenues par les rebelles Houthis.
Reuters

La coalition arabe menée par l'Arabie saoudite a étendu ses raids aériens contre les positions rebelles chiites au Yémen ce vendredi 27 mars, le royaume saoudien sunnite affirmant vouloir faire face à l'«agression» de son rival chiite iranien.

Pour la deuxième nuit consécutive, des avions de combat de plusieurs pays arabes ont bombardé des positions militaires tenues par les rebelles Houthis, liés à l'Iran, qui ne cessaient ces dernières semaines de renforcer leur emprise sur le Yémen, menaçant directement le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Plusieurs pays occidentaux, en tête desquels les Etats-Unis, ainsi que la plupart des pays arabes ont serré les rangs derrière l'Arabie saoudite et réaffirmé leur soutien à M. Hadi, arrivé jeudi à Ryad en route pour le sommet arabe qui s'ouvre samedi en Egypte.

Frappes contre les Houthis

L'intervention militaire a fait suite à des appels à l'aide du camp Hadi, incapable de stopper l'offensive des Houthis qui ont pris depuis septembre 2014 plusieurs régions du pays, dont la capitale Sanaa, et avançaient ces derniers jours vers Aden, la capitale du Sud où était retranché le chef de l'Etat.

Vendredi avant l'aube, de nouvelles frappes ont visé des positions des Houthis dans la région d'Arhab, au nord de Sanaa, faisant 12 morts parmi les civils dans des zones résidentielles, ont affirmé des responsables du ministère de la Santé contrôlé par les Houthis.

Depuis le début jeudi de l'opération «Tempête décisive», 39 civils au total ont péri dans les frappes, selon ces responsables. Il n'était pas possible de confirmer ce bilan de source indépendante.

Trois autres frappes ont touché le matin le complexe présidentiel, au sud de Sanaa, dont les rebelles s'étaient emparés fin janvier, ont indiqué des témoins. Des avions ont aussi bombardé une base militaire contrôlée par les Houthis dans la province d'Amrane, au nord de la capitale, ainsi que des dépôts d'armes dans le fief des rebelles à Saada, selon des résidents.

Terreur des habitants

De nombreux véhicules montés de canons de la DCA circulaient à Sanaa, mettant en danger la sécurité de la population, et des sources de sécurité ont fait état de huit civils blessés par l'explosion sur un marché d'un projectile de la DCA.

Signe de la peur qui règne dans la capitale, des habitants se terrent chez eux quand le soir arrive. «Nous avons passé une nuit d'horreur et d'hystérie», déclare Mohammed al-Jabahi, 32 ans, en rapportant les survols incessants d'avions et des tirs de DCA.

Jeudi soir, de fortes explosions ont secoué la capitale, où la défense anti-aérienne a tiré après des raids contre une base à l'entrée ouest de la capitale, ont indiqué des témoins. Une base militaire près de Taëz (sud) et la base aérienne d'Al-Anad ont été aussi visées.

Les premières frappes de l'opération «Tempête décisive» ont été qualifiées de «succès» à Ryad par un porte-parole de la coalition qui regroupe une dizaine de pays principalement du Golfe.

Ces frappes se prolongeront jusqu'à ce que les «objectifs» soient atteints, a-t-il ajouté en écartant une offensive terrestre dans l'immédiat. Dans sa première réaction aux raids, le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a condamné une «invasion» et averti que les «Yéménites ne vont pas rester sans réagir».

Mise en garde de l'Iran

L'Iran a mis en garde contre une propagation du conflit, son président Hassan Rohani dénonçant une «agression» contre le Yémen. Vendredi, son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a répété que «toute action militaire contre un pays indépendant est condamnable». Le «seul résultat est une aggravation de la crise et plus de morts parmi les innocents».

«Les Iraniens sont ceux qui s'ingèrent dans les affaires des pays arabes, que ce soit au Liban, en Syrie, en Irak, et au Yémen, ce que nous ne pouvons pas tolérer», a déclaré l'ambassadeur saoudien à Washington, Adel al-Jubeir, sur Fox News. «Nous devons faire face à l'agression de l'Iran» qui veut «dominer la région».

En pleines négociations sur le nucléaire avec Téhéran, les Etats-Unis ont exprimé leur appui à l'intervention saoudienne et annoncé «un soutien logistique et de renseignement» avec notamment des avions ravitailleurs et des avions radars Awacs.

La Maison Blanche s'est déclarée elle aussi inquiète des «activités iraniennes» au Yémen, parlant d'informations sur «le transfert iranien d'armes» dans ce pays.

Résultats limités

Selon des experts, les raids aériens de la coalition pourraient avoir des résultats limités sans une intervention terrestre qui reste peu probable en raison des risques d'escalade avec Téhéran et d'enlisement.

De plus pour John Marks, expert du Moyen-Orient à l'institut Chatham House, «se contenter d'écraser les Houthis changera certes la dynamique des factions», compliquée au Yémen, mais cela pourrait «favoriser des groupes ultra-radicaux sunnites».

Il faisait allusion aux réseaux Al-Qaïda, implanté dans le sud-est du pays, et Etat islamique (EI) qui a revendiqué ses premières attaques meurtrières la semaine dernière à Sanaa.

AFP

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