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Manifestations monstres contre Trump

Les manifestants se sont rassemblés par milliers à travers le monde au sein de Marches des femmes notamment.

Les démocrates américains ont franchi un cap dans leurs enquêtes visant le président Donald Trump, en les faisant rentrer officiellement dans le cadre d'une procédure de destitution. (Jeudi 12 septembre 2019)
Les démocrates américains ont franchi un cap dans leurs enquêtes visant le président Donald Trump, en les faisant rentrer officiellement dans le cadre d'une procédure de destitution. (Jeudi 12 septembre 2019)
Keystone
La démocrate Ilhan Omar a déclaré aux journalistes que Donald Trump était «fasciste». (Jeudi 18 juillet 2019)
La démocrate Ilhan Omar a déclaré aux journalistes que Donald Trump était «fasciste». (Jeudi 18 juillet 2019)
Keystone
Ici à Sydney. (21 janvier 2017)
Ici à Sydney. (21 janvier 2017)
Keystone
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Bonnet rose sur la tête, plus de deux millions de personnes, femmes surtout, ont participé samedi aux Etats-Unis aux «Marches des femmes» organisées pour la défense des droits civiques et contre Donald Trump. De nombreux rassemblements ont eu lieu à travers le monde.

Un demi-million de manifestants à Los Angeles, selon la police, la même chose à New York, plus d'un million à Washington selon les organisateurs, et des centaines de milliers à Chicago, Dallas, San Francisco, St Louis, Denver, Boston et dans des dizaines de villes américaines: le succès a dépassé les espérances des marcheuses et marcheurs. Une démonstration de force qui illustre les fractures persistantes de la société américaine face au 45e président, investi vendredi.

Eviter la polémique

Face aux chiffres en comparaison peu flatteurs donnés par la presse pour la participation à la cérémonie de vendredi, le milliardaire a critiqué les médias samedi, les accusant de «mensonge». «J'ai fait un discours, j'ai regardé, et cela avait l'air d'un million, un million et demi de personnes», a-t-il affirmé, contre toute évidence, à l'occasion d'une visite au siège de le CIA.

Les autorités de la capitale ont pour règle de ne pas communiquer d'estimations de foules, afin d'éviter toute polémique. La seule façon de les estimer est de comparer les photos aériennes, qui montrent que l'investiture du républicain n'a rassemblé que quelques centaines de milliers de personnes, indiscutablement moins que pour Barack Obama en 2009.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a pourtant convoqué une conférence de presse samedi en fin de journée pour tancer les médias. «Ce fut la plus grande foule jamais vue lors d'une investiture, point barre, (et) nous allons demander à la presse de rendre des comptes», a-t-il lancé. Il a refusé de répondre à la moindre question des journalistes.

Marée humaine

Mais l'image du jour samedi restera la marée humaine qui a envahi le centre de la capitale, dans une atmosphère bon enfant où les poussettes étaient nombreuses. Selon les organisateurs de la «Marche des femmes» à Washington, un million de manifestants ont battu le pavé, un chiffre qui n'a pas été confirmé indépendamment.

Nombre de marcheurs venaient de Washington ou de sa banlieue, un bastion démocrate. Beaucoup ont fait le déplacement motivés par la peur que Donald Trump nomme un nouveau juge conservateur à la Cour suprême, ce qui pourrait conduire un jour à la remise en cause du droit à l'avortement.

Mais les slogans incluaient aussi la tolérance pour les minorités, l'accès à la contraception et la défense du planning familial, la protection de l'environnement, l'accueil des réfugiés...

Plus qu'à l'investiture

Visiblement débordés par le succès, les organisateurs n'ont pu empêcher les manifestants d'envahir pacifiquement des rues autour de la Maison Blanche, hors de l'itinéraire prévu, aux cris de «Hey hey, ho ho, Donald Trump doit partir!» ou «Nous sommes le suffrage populaire».

Une partie du centre-ville autour de la résidence du président a été complètement paralysée pendant plusieurs heures, avec des véhicules bloqués au milieu de la chaussée. «Bienvenue à ton premier jour», scandaient des manifestants près des grilles de la Maison Blanche.

La marche a été l'une des plus grandes manifestations de l'histoire de la capitale, qui n'a voté qu'à hauteur de 4% pour le républicain en novembre. Selon les chiffres du métro de Chicago, 275'000 personnes ont emprunté ses rames samedi avant 11h00, contre 193'000 seulement la veille vendredi, jour de l'entrée en fonction de Donald Trump.

La foule a débordé de l'Independence Avenue, pleine à craquer sur 1,5 km, où le rassemblement initial avait lieu. Les manifestants ont alors envahi les pelouses du National Mall voisin, l'esplanade du centre où les foules avaient assisté à l'investiture face au Capitole.

Madonna et Kerry

Un aréopage de personnalités progressistes a pris la parole: le cinéaste Michael Moore, les actrices America Ferrara et Scarlett Johansson, la chanteuse Alicia Keys ainsi que Madonna. Coiffée d'un bonnet noir à oreilles de chat, celle-ci a appelé à la «révolution de l'amour». «Etes-vous prêts à secouer le monde? Bienvenue dans la révolution de l'amour», a déclaré sur scène la chanteuse, avant de jouer deux chansons devant les centaines de milliers de manifestants.

«Bienvenue dans notre refus en tant que femmes d'accepter ce nouvel âge de la tyrannie. Où les femmes non seulement sont en danger mais toutes les personnes marginalisées», a-t-elle ajouté. «C'est le début d'un changement plus que nécessaire», «le bien n'a pas gagné à cette élection, mais le bien finira par l'emporter», a-t-elle encore dit, avant de chanter «Express yourself» puis «Human nature», dédiant sa dernière chanson à Donald Trump.

L'ancien secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a quitté ses fonctions vendredi, s'est également joint samedi à Washington à la «Marche des femmes».

Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat («pussy hats»), devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump, qui s'était vanté en 2005 «d'attraper» les femmes «par la chatte».

600 marches

Plus de 600 marches avaient également été annoncées dans le monde. A Londres, 100'000 personnes ont défilé selon les organisateurs. Ils étaient aussi des milliers à Sydney, 7000 à Paris, 4000 à Amsterdam, 2500 à Genève, 2000 à Montréal, plus de 1000 à Mexico, près d'un millier à Tel Aviv, et des centaines à Berlin, Barcelone, Rome ou encore Prague.

«C'est comme ça que les gens ont mis fin à la guerre du Vietnam», a lancé Whoopi Goldberg à New York, où les marcheurs ont remonté la Cinquième Avenue presque jusque sous les fenêtres de la Trump Tower, dont l'accès était bloqué par la police. Hillary Clinton a tweeté: «L'espoir, pas la peur. (...) Merci de vous lever, de vous exprimer et de marcher pour nos valeurs».

Le président Donald Trump n'a pas directement commenté ces manifestations. Nachricht per e-mail senden

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