Amnesty accuse le régime d'avoir tué 115 civils à Raqqa

SyrieL'ONG a dénoncé mardi de possibles crimes de guerre de la part du régime en place en Syrie.

Raqqa est le fief des combattants du groupe Etat islamique.

Raqqa est le fief des combattants du groupe Etat islamique. Image: Keystone

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Amnesty International a accusé mardi 17 mars le régime syrien d'avoir violé le droit international en tuant une centaine de civils lors d'une série de bombardements en novembre sur Raqqa, ville tenue par le groupe Etat islamique (EI). L'ONG a dénoncé de possibles crimes de guerre.

Dans son rapport, elle affirme que les frappes aériennes menées sur cette ville du nord de la Syrie ont tué 115 civils, dont 14 enfants, entre les 11 et 29 novembre. Amnesty souligne que certaines semblent avoir directement visé des zones civiles. «Certaines de ces attaques ont tous les aspects de crimes de guerre», affirme le directeur de l'ONG pour le Moyen-Orient, Philip Luther.

Un carnage

Ces bombardements ont notamment frappé une mosquée et un marché bondé ainsi que d'autres bâtiments non militaires. Dans la plupart des cas, aucune cible militaire n'a été identifiée à proximité, notamment près du marché, selon Amnesty.

«Le gouvernement semble indifférent au carnage causé par ces frappes, refusant même de reconnaître des victimes civiles», a-t-elle dénoncé. D'après les autorités syriennes, ces raids visaient des membres et des installations de l'EI, qui ont fait de Raqqa la capitale du «califat» qu'ils ont décrété fin juin sur les territoires sous leur contrôle en Irak et en Syrie.

Un témoin d'une attaque sur le principal marché de la ville a expliqué que ce bombardement avait détruit une quarantaine de bâtiments. «C'était un désastre (...). J'ai vu des morceaux de corps partout», a-t-il dit à l'ONG.

Six morts dans le nord-ouest du pays

Selon un témoin d'une attaque sur une mosquée «pleine de fidèles», des membres présumés de l'EI figuraient parmi les morts, mais ils participaient à la prière du vendredi à titre individuel avec de nombreux civils.

«La simple présence de membres de l'EI n'autorise pas les forces syriennes à larguer un tapis de bombes sur la zone en balayant la possibilité de faire des victimes civiles», souligne M. Luther. Pour l'ONG, «ces actes reflètent l'habitude des forces gouvernementales de chercher à punir les populations civiles dans les zones où se trouvent des groupes armés opposés» au régime.

Dans le nord-ouest du pays, six personnes ont été tuées dans une attaque au gaz menée par l'armée gouvernementale, a rapporté mardi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Une source militaire syrienne a qualifié de propagande cette information au sujet d'un bombardement présumé dans le village de Sarmin, situé dans la province d'Idlib.

La Syrie est le théâtre d'un conflit complexe impliquant le régime et des alliés dont le Hezbollah libanais, ainsi que des rebelles, des forces kurdes syriennes et des groupes djihadistes, composés en majorité d'étrangers. En quatre ans, les violences, qui ont commencé avec la répression de manifestations pacifiques contre le régime, ont fait plus de 215'000 morts et dix millions de déplacés.

Bagdad suspend l'assaut sur Tikrit

Dans l'Irak voisin, l'offensive des forces irakiennes pour reprendre Tikrit au groupe EI a été suspendue en raison de la multitude d'engins explosifs disséminés par les djihadistes dans la ville où ils sont toujours assiégés.

L'opération lancée le 2 mars avec des milliers de soldats, policiers, miliciens notamment chiites, membres des forces kurdes ou de tribus sunnites, a permis d'encercler les djihadistes. Mais les déloger de la ville s'avère beaucoup plus compliqué.

«Ils ont posé des bombes partout, dans les rues et les bâtiments, sous les ponts. C'est à cause de cela que nos forces ont été stoppées», a expliqué mardi Jawad al-Etlebawi, porte-parole de la milice chiite Asaïb Ahl al-Haq (la Ligue des vertueux, en arabe) qui participe activement à l'opération.

Selon des officiers, l'EI a piégé des maisons et creusé des tranchées dans la capitale de la province de Salaheddine, située à 160 km de Bagdad. «La bataille pour reprendre Tikrit sera difficile», a ajouté le porte-parole. «Nous avons besoin de forces formées à la guerre en zone urbaine pour mener l'assaut» contre cette ville conquise par l'EI en juin 2014. (ats/nxp)

Créé: 17.03.2015, 14h48

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