Trump remporte une victoire quasi totale

États-UnisLe Sénat a acquitté mercredi soir le président des États-Unis, qui a projeté sa force la veille dans son discours sur l’état de l’union

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déchiré sa copie du discours de Trump sur l’état de l’union dans un geste de rage qui a fait le tour des médias américains.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déchiré sa copie du discours de Trump sur l’état de l’union dans un geste de rage qui a fait le tour des médias américains. Image: AP

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Donald Trump a vécu vingt-quatre heures fastes. Mercredi en fin d’après-midi, le Sénat à majorité républicaine l’a acquitté par 52 voix contre 48 du premier chef d'accusation d'abus de pouvoir – et par 53 voix contre 47 du deuxième chef d'accusation d'entrave à la bonne marche du congrès. La veille, le président des États-Unis a été accueilli pour son traditionnel discours sur l’état de l’union sous les acclamations des élus républicains scandant «Quatre ans de plus» dans l’hémicycle du Congrès.

Pendant son discours à la nation mardi soir, Donald Trump a projeté l’image d’un homme sûr de sa force et conforté par des sondages qui lui donnent désormais 49% d’opinions favorables, un record en trois ans de mandat. Le président a décerné la «médaille de la liberté», la plus haute distinction civile aux États-Unis, à un animateur de radio populaire dans les milieux conservateurs et surtout connu pour ses tirades racistes et anti-Obama. Il a offert une bourse pour une école privée à une jeune élève afro-américaine de Philadelphie. Il a présenté la récente opération militaire pour tuer le général iranien Soleimani comme une vengeance pour la mort de Christopher Hake, un officier américain tué à Bagdad en 2008. Et il a surtout semblé refuser de serrer la main de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, qui avait voté sa mise en accusation en novembre.

La colère de Pelosi

Deux grains de sable ont néanmoins enrayé une démonstration de force que Donald Trump voulait totale. Mardi soir, Nancy Pelosi a déchiré les feuilles du discours que le président venait de prononcer. Un geste qui a dominé la couverture médiatique du discours aux États-Unis et que l’élue californienne a justifié dans un communiqué. «Ce manifeste de contre-vérités présentées page après page du discours ce soir (ndlr: mardi soir) devrait être un appel à la mobilisation pour tous ceux qui attendent la vérité de la part du président des États-Unis ainsi que des mesures dignes du rôle de celui-ci et des Américains.»

Le dissident Romney

Mercredi après-midi, Mitt Romney, le sénateur républicain de l’Utah, s’est écarté de la ligne de son parti et a annoncé qu’il voterait en faveur de la destitution de Donald Trump dans un discours prononcé au Sénat peu avant le vote. «Je crois que la tentative de corrompre une élection afin de garder le pouvoir est l’assaut le plus odieux contre la Constitution que l’on puisse imaginer», a-t-il déclaré, visiblement ému. «Et je n’ai pas d’autre choix par rapport au serment que j’ai prêté que d’exprimer cette conclusion.»

Mitt Romney a aussi critiqué une affirmation maintes fois répétées par Donald Trump. Le président des États-Unis n’a cessé de qualifier de «parfaite» la conversation téléphonique du 25 juillet 2019 au cours de laquelle il avait demandé une «faveur» à son homologue ukrainien et l’ouverture d’une enquête pour salir l’un de ses adversaires à la Maison-Blanche. «Ce qu’il a fait n’était pas parfait», a déclaré Mitt Romney. «Non, c’était une attaque flagrante contre notre droit de vote, contre nos intérêts en matière de sécurité nationale et nos valeurs fondamentales.»

La décision de Mitt Romney lui a valu une pluie de critiques dans les rangs républicains. Donald Trump Junior, le fils du président des États-Unis, a affirmé dans une série de tweets que le sénateur de l’Utah et ancien candidat républicain à la Maison-Blanche en 2012 faisait désormais partie de la «résistance» et a demandé son exclusion du parti. Ronna McDaniel, la directrice du Parti républicain et aussi la nièce de Mitt Romney, s’est aussitôt opposée à son oncle. Elle a assuré dans un communiqué que Donald Trump n’avait «rien fait de mal» et souligné que le Parti républicain était «plus uni derrière lui que jamais». Une union sacrée dont Donald Trump n’a cessé de se réjouir depuis le début de l’année et qu’il a une nouvelle fois saluée lundi sur Twitter.

Créé: 05.02.2020, 22h26

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