Trump bat en retraite sur la séparation des migrants

Etats-UnisLe président américain a signé mercredi un décret annulant sa politique qui avait suscité un tollé général.

Donal Trump entouré du vice-président Mike Pence et de Kirstjen Nielsen, la secrétaire à la Sécurité intérieure, au moment de signer le décret.

Donal Trump entouré du vice-président Mike Pence et de Kirstjen Nielsen, la secrétaire à la Sécurité intérieure, au moment de signer le décret. Image: EPA

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C’est une première depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. Le président des États-Unis a dû battre en retraite mercredi. Il a mis fin à sa politique de séparation des enfants migrants d’avec leurs parents en signant un décret stoppant cette pratique qu’il avait introduite le mois dernier. «Beaucoup de gens vont être contents», a glissé le président au moment de signer le décret, entouré du vice-président Mike Pence et de Kirstjen Nielsen, la secrétaire à la Sécurité intérieure.

Donald Trump a entrepris cette démarche vingt-quatre heures seulement après l’avoir exclue. Mardi, il avait affirmé à un parterre de patrons de PME à Washington qu’il fallait «séparer les enfants» migrants pour poursuivre leurs parents. Le président des États-Unis et son administration ont aussi faussement affirmé pendant des jours que seul le Congrès pouvait régler le problème que la Maison-Blanche avait elle-même créé à la frontière avec le Mexique en séparant les enfants migrants de leurs parents.

Donald Trump a reconnu mercredi le problème auquel il était confronté avec sa politique de «tolérance zéro» face aux migrants. «Si vous êtes pathétiquement faible, le pays va être envahi par des millions de personnes», a-t-il assuré lors d’une rencontre avec des sénateurs républicains. «Et si vous êtes fort, vous n’avez pas de cœur. C’est un dilemme compliqué. Je préfère peut-être être fort, mais c’est un dilemme difficile.»

Depuis que la Maison-Blanche pratique la tolérance zéro à ses frontières, une politique largement rejetée par les Américains, 2300 enfants migrants ont été séparés de leurs parents. Leur sort reste nébuleux. Le décret doit en revanche permettre au président de s’extirper d’une situation devenue intenable pour son administration et pour un parti républicain craignant des répercussions électorales lors des législatives de novembre. Il doit aussi permettre à Donald Trump de sauver les apparences.

Avant même la signature du décret, la Maison-Blanche avait prévenu que celui-ci ne mettrait pas fin à la politique de tolérance zéro et que les familles seraient désormais détenues ensemble.

Cette démarche risque de provoquer des problèmes légaux pour la Maison-Blanche. Un accord juridique conclu en 1997 par le gouvernement américain avec une plaignante originaire du Salvador fait jurisprudence et empêche le gouvernement américain de garder les enfants migrants en détention plus de vingt jours.

Mardi, Donald Trump s’était plaint de cette situation: «Nous pouvons soit relâcher les familles migrantes illégales et les mineurs qui arrivent à notre frontière en provenance d’Amérique centrale, ou nous pouvons arrêter les adultes pour le crime fédéral d’immigration illégale.» Le président américain avait aussi regretté que les États-Unis aient dû relâcher un demi-million de familles et d’enfants d’Amérique centrale depuis 2014, une situation qu’il avait qualifiée de «monstruosité».

Créé: 20.06.2018, 22h10

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