Le Sénat américain au secours de l’économie américaine

CoronavirusLes sénateurs ont voté à l’unanimité, mercredi soir, en faveur d’un colossal plan de sauvetage de l’économie américaine.

Le sénateur Mitch McConnell a qualifié le plan de sauvetage d’«investissement digne d’une période de guerre».

Le sénateur Mitch McConnell a qualifié le plan de sauvetage d’«investissement digne d’une période de guerre».

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Au bout d’une nouvelle journée remplie de disputes et de tensions dont ils ont le secret, les sénateurs américains ont finalement accepté, mercredi soir à Washington, de venir au secours de l’économie américaine frappée de plein fouet par l’épidémie du coronavirus. Ils ont approuvé à l’unanimité un colossal plan de sauvetage financier de plus de 2000 milliards de dollars. Le texte doit désormais être approuvé par la Chambre des représentants, avant de pouvoir être promulgué par Donald Trump. Plus tôt dans la journée, le président des États-Unis avait indiqué qu’il le ferait dès que les parlementaires lui feraient parvenir le projet de loi.

Le vote a été retardé de plusieurs heures en raison d’une rébellion de quatre sénateurs républicains opposés à la hausse des allocations de chômage de 600 dollars par semaine pour une durée de quatre mois. «Nous devrions aider quiconque a besoin d’aide sans inciter de manière involontaire les gens à ne pas travailler, s’est justifié le sénateur Ben Sasse, l’un des rebelles républicains, quelques heures avant le vote final. Ce n’est pas bon pour ce pays.».

Ces propos et la tentative conservatrice de limiter des allocations de chômage, déjà rachitiques aux États-Unis, ont eu le don d’irriter un Bernie Sanders très remonté. «Je découvre que mes collègues républicains sont désespérés par le fait qu’une personne gagnant 12, 13 ou 14 dollars par heure va peut-être gagner un petit plus pendant quatre mois. Mon Dieu, l’univers s’écroule», a affirmé avec une pointe d’ironie le sénateur progressiste du Vermont qui brigue la Maison-Blanche.

Roy Wyden, le sénateur démocrate de l’Oregon, a pour sa part souligné qu’il s’attendait à découvrir dans les nouvelles statistiques du chômage publiées ce jeudi aux États-Unis, que 2,5 millions d’Américains ont perdu leur emploi depuis le début de la crise du coronavirus. «Nous avons perdu autant d’emplois que lorsque la récession avait brutalement frappé notre pays en 2008, a-t-il affirmé. Le Congrès doit maintenir notre économie en vie!»

Du cash pour les Américains

Pour tenter de lutter contre le tsunami économique provoqué par le coronavirus, l’administration Trump et le Congrès s’étaient mis d’accord dans la nuit de mardi à mercredi pour parachuter des liquidités à leurs concitoyens. Les familles gagnant moins de 150 000 dollars par an doivent recevoir un chèque de 1200 dollars par adulte et de 500 dollars par enfant. Les élus se sont aussi mis d’accord pour augmenter les allocations de chômage des Américains.

La violence de l’impact de la crise du coronavirus sur l’économie américaine n’a pas échappé aux sénateurs. À l’image de Mitch McConnell, qui a qualifié le plan de sauvetage d’«investissement digne d’une période de guerre», plusieurs élus ont comparé mercredi la crise actuelle à celle qu’avaient traversé les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sur le plan sanitaire, le bilan de l’épidémie de coronavirus a dépassé les 1000 morts aux États-Unis mercredi soir, selon un décompte de l’Université Johns Hopkins. Au niveau économique, le plan de sauvetage prévoit des prêts d’urgence non remboursables pour les PME qui conserveraient leurs employés pendant la crise. Un fond de 500 milliards de dollars sera mis sur pied pour octroyer des prêts aux grands groupes et 150 milliards de dollars sont prévus pour les hôpitaux.

Le vote a donné lieu à un spectacle inhabituel. Alors que les Américains sont priés depuis des semaines par les autorités de garder leur distance, de nombreux sénateurs se sont massés devant la table où étaient comptabilisés les votes. Le sénateur conservateur Ted Cruz, qui est récemment sorti de sa quarantaine après avoir été exposé au coronavirus, a été l’un des derniers à voter, après le départ de ses collègues. Signe des temps qui courent, il a levé le pouce en signe d’approbation du texte, sa main protégée par un gant blanc.

«Ce fut un chemin long et difficile, a conclu Chuck Schumer, le leader de la minorité démocrate au Sénat. Mais ça vaudra la peine. […] C’est le moment où les Américains ont besoin de leur gouvernement.» Au moment de quitter l’hémicycle, l’élu, qui représente New York, l’épicentre de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis, a brandi le poing de la victoire.

Créé: 26.03.2020, 06h54

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