Des sans-papiers face à Donald Trump

Etats-UnisPlus de 25 «Dreamers» rendus expulsables par Trump ont été invités au discours présidentiel par des élus démocrates.

Des «Dreamers» et leurs supporteurs tournent le dos au président Trump pendant son discours sur l'état de l'Union. (Mardi 30 janvier 2018)
Vidéo: AFP

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Ils seront peut-être bientôt expulsables, mais ils seront dans le saint des saints de Washington mardi soir, aux premières loges du discours sur l'état de l'Union du président Donald Trump au Congrès, conviés par des élus démocrates.

Plus de 25 «Dreamers» au statut migratoire précaire, venus du Mexique, du Guatemala ou de Corée du Sud, ont reçu un précieux billet d'invitation au discours présidentiel de la part de leurs parlementaires, leur permettant de s'asseoir dans les sièges réservés au public en surplomb de l'hémicycle de la Chambre des représentants, où tous les élus du Congrès, ainsi que le gouvernement et des représentants de l'armée, de la justice et du corps diplomatique prendront place à 21H00 (02H00 GMT).

Le but? «Que le président voit les visages des jeunes gens qui contribuent à notre pays chaque jour», a martelé Michelle Lujan Grisham, la présidente démocrate du groupe d'élus hispaniques du Congrès.

«Ils sont complètement Américains, si ce n'est qu'ils n'ont pas de papiers», a dit le sénateur démocrate Cory Booker, qui a lui-même invité une jeune femme de 29 ans, entrepreneuse ayant créé une start-up employant quelque 900 personnes à temps partiel.... bien qu'elle soit arrivée clandestinement du Mexique à l'âge de sept ans.

Théoriquement expulsables

Quelques heures avant le discours, on croisait ces jeunes gens un peu intimidés dans les couloirs marbrés du Congrès, mis sur leur 31 - les garçons, certains portant encore un appareil dentaire, en costumes cravates, les filles plus élégantes encore en tailleurs ou en robes.

La plupart ont un permis de séjour temporaire, «Daca», octroyé sous la présidence de Barack Obama, et dont Donald Trump a annoncé l'expiration prochaine. Quelques-uns n'ont aucun papier et sont en situation totalement irrégulière, théoriquement expulsables.

«Ma vie est ici, je suis Américain, même si je n'ai pas de papiers», dit Juan Lopez, lycéen de 18 ans, arrivé seize ans auparavant de Montevideo, en Uruguay. Il a pu renouveler son Daca à temps pour obtenir quelques années de répit, mais attend, comme les autres, que le Congrès vote enfin la régularisation et la naturalisation de tous ces jeunes arrivés enfants aux Etats-Unis.

C'est un des sujets que doit aborder le locataire de la Maison Blanche mardi, alors que de féroces négociations occupent en coulisses républicains et démocrates depuis des jours.

Le papillon en symbole

«Je veux entendre une déclaration claire, quelle qu'elle soit», dit une jeune femme dont le prénom illustre en soi l'espoir formulé par ses parents: America Moreno Jimenez, Mexicaine de 24 ans dont 22 aux Etats-Unis. «Au moins on pourra planifier notre avenir.»

Sur les 11 millions de clandestins présents dans le pays, Donald Trump a proposé la semaine dernière de régulariser 1,8 million de jeunes sans-papiers, mais les contreparties réclamées (mur à la frontière, réforme migratoire...) ont été déclarées inacceptables par les démocrates. Les jeunes «rêveurs» voient aussi plus loin que leur propre cas et s'inquiètent de la situation de leurs parents, que ni l'exécutif, ni les républicains n'envisagent de régulariser à ce stade.

«Nos parents font aussi partie de la société», plaide Fernanda, 20 ans, qui contrairement à la plupart de ses camarades du jour est arrivée plus âgée, à 12 ans, depuis le Salvador, qui avec le Guatemala, le Honduras et le Mexique sont les pays d'origine d'environ 70% de la population clandestine, selon le Migration Policy Institute. Elle n'a aucun papier.

Dans l'hémicycle, les élus démocrates colleront l'autocollant d'un papillon sur leurs vêtements, symbole de «la beauté des migrations». Mais la venue de tant de clandestins au Congrès, de plus en plus nombreux chaque année depuis que Barack Obama en a invité un premier en 2013, n'est pas du goût de certains conservateurs anti-immigration.

Le républicain Paul Gosar, de l'Arizona, a demandé à la police du Capitole de contrôler les pièces d'identité de tous les invités du discours et d'interpeller et d'expulser tout étranger en situation irrégulière. Le tollé, chez les démocrates et une partie des républicains, a été immédiat. «J'ai une seule chose à dire au Congressman: qu'il essaie pour voir», a répondu, cinglante, la démocrate texane Sheila Jackson Lee. (afp/nxp)

Créé: 31.01.2018, 04h48

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