«Romney ne veut pas des politiques sociales européennes pour les États-Unis»

Présidentielle américainePeter King, représentant républicain de New York, est optimiste sur les chances de Mitt Romney dans la course à la Maison Blanche

Mit Romney lors du débat avec Barack Obama, mardi soir

Mit Romney lors du débat avec Barack Obama, mardi soir Image: Keystone

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Dans une interview à 24 heures mardi soir en marge du second débat présidentiel, Peter King, représentant républicain de New York, confie son optimisme sur les chances de Mitt Romney dans la course à la Maison Blanche

L’ancien candidat conservateur à la Maison Blanche Newt Gingrich avait fait campagne il y a dix mois en affirmant que Mitt Romney ne pourrait pas débattre contre Barack Obama. Avez-vous été surpris de sa performance lors du débat de Denver?

Newt Gingrinch et moi sommes républicains, mais je ne suis quasiment jamais d’accord avec lui. Il s’est de nouveau trompé. Mitt Romney a excellé contre Barack Obama lors du premier débat. Je n’ai pas été surpris par la performance de Mitt Romney. J’ai été quelque peu surpris par la mauvaise prestation du président. Je ne pense pas que ça se reproduira. Je suis un républicain et je m’attends à une bonne performance de Mitt Romney et m’attends aussi à une meilleure performance de Barack Obama. Je pense que le vent a tourné dans cette élection. A moins que quelque chose de dramatique ne se produise ces trois prochaines semaines, je pense que cette élection va se décider en faveur du gouverneur Romney. Ca va être serré et tout peut arriver en politique. Une journée est une éternité en politique. Mais à l’heure actuelle, je préférerais nettement être dans la peau de Mitt Romney que dans celle de Barack Obama en ce qui concerne la direction de cette campagne.

Mitt Romney a critiqué l’attitude de l’administration Obama à la suite de l’attaque à Benghazi le 11 septembre dernier qui a coûté la vie à l’ambassadeur américain en Libye Chris Stevens. Pensez-vous qu’il a raison de le faire?

Je pense qu’il a raison sur la Libye. L’administration (ndlr: Obama) n’a pas dit la vérité depuis le 11 septembre (ndlr: 2012). Sa version ne cesse d’évoluer. Je ne dirais pas qu’elle ment, c’est un mot trop dur. Ils ont seulement choisi certaines informations et ont essayé de les faire jouer avec ce que dit le président. Il a laissé entendre aux Américains qu’Al-Qaïda était vaincue. Ce n’est pas le cas. Al-Qaïda s’est métamorphosée en des groupes différents. Il y a plusieurs groupes comme Al-Qaïda au Maghreb et Al-Qaïda dans la Péninsule arabique. Il y a de nombreux groupes radicaux. En bien des points, la menace islamiste est plus importante aujourd’hui qu’elle ne l’était le 11 septembre 2001. Et le président ne le dit pas. Il fait comme si Al-Qaïda était vaincue. Je ne crois pas qu’ils voulaient admettre qu’une attaque terroriste avait tué un ambassadeur américain pour la première fois depuis 33 ans. Je pense qu’ils ont aussi fait une erreur au niveau du dispositif de sécurité du consulat. Mais je ne vais pas les critiquer pour ça. C’est une erreur de jugement. Je pense qu’ils se sont mis en difficulté lorsque Joe Biden a dit qu’ils ne savaient rien de tout cela (ndlr: lors du débat vice-présidentiel la semaine dernière, Joe Biden a déclaré que l’administration Obama n’avait pas été prévenue du besoin d’augmenter le dispositif de sécurité autour du consulat). Ils auraient dû dire: “Nous n’avons pas renseignements précis sur le fait que c’était une attaque terroriste, mais nous savons qu’il y a des groupes terroristes dans la région et nous savons qu’il y a eu des attaques contre des consulats et nous savons que c’est le 11 septembre et qu’il y avait de l’artillerie lourde. Nous savons que c’était une attaque sophistiquée. C’est ce qu’ils auraient dû dire au lieu d’exclure la piste terroriste. (...)

La campagne de Barack Obama ne cesse de critiquer le nouveau Mitt Romney depuis sa performance lors du premier débat présidentiel à Denver et affirme qu’il a maquillé une politique extrémiste par un discours modéré. En tant que républicain, avez-vous aussi découvert un nouveau Mitt Romney?

Oui. Nous ne connaissons pas Mitt Romney. Il n’a pas été actif en politique depuis des années. Nous n’avons pas un système comparable au système européen dans lesquels les gens gravissent les échelons parlementaires. Nous pouvons avoir des gens qui viennent de l’extérieur comme le gouverneur Romney. (...) Il n’a pas fait partie de la famille républicaine. Beaucoup d’entre nous ne l’avaient vu que quelques fois. Nous avons été très contents par son excellente performance lors du débat. (...) Ce premier débat a vraiment donné un nouveau souffle au parti républicain et a convaincu certains indépendants et démocrates. Cela a mobilisé les républicains et les a incité à donner de l’argent et à aller frapper aux portes. Ça nous a donné de l’énergie, ce qui n’était pas le cas avant. Les démocrates ont fait une dépression pendant quelques jours après le débat. Ils étaient en colère contre le président.

Mitt Romney a beaucoup critiqué l’Europe lors de ses meetings. Quelle serait sa politique européenne s’il était élu président?

Il a dit qu’il ne voulait pas de politiques sociales européennes pour les États-Unis. Mais si on met cela de côté, notre pays vient de la culture européenne. Nos traditions sont européennes. Notre pays a changé ces 20, 30 dernières années, mais nos traditions sont enracinées dans la culture européenne. Nous aurons toujours une relation étroite avec l’Europe, mais nous ne voulons pas devenir comme la France.

Peter King en interview vidéo:

Créé: 17.10.2012, 08h42

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