Etat d'urgence et couvre-feu au Honduras

ElectionsLe Honduras a déclaré l'état d'urgence, alors que les manifestations post-électorales dégénéraient vendredi.

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Un couvre-feu nocturne est entré en vigueur samedi à 00h00 au Honduras. Le gouvernement a également suspendu les droits constitutionnels pour faire face aux violences engendrées par les accusations de fraude électorale autour de la présidentielle de dimanche dernier.

Cet état d'urgence, qui donne à la police et à l'armée des pouvoirs élargis, est prévu pour durer dix jours. Six jours après le scrutin, les Honduriens ignorent toujours qui l'a emporté et le tribunal électoral a annoncé qu'il allait reprendre ce samedi le décompte des suffrages exprimés.

Le président sortant, Juan Orlando Hernandez, est crédité d'une mince avance sur son adversaire, Salvador Nasralla, un ancien animateur de télévision soutenu par la gauche. Les deux candidats ont revendiqué la victoire et l'opposition a accusé de gouvernement de vouloir «voler» le résultat de l'élection présidentielle.

Dans ce contexte, des troubles ont éclaté dans le pays. Ils ont fait au moins un mort et plus de 20 blessés et conduit à une centaine d'arrestations.

«Contenir la vague de violence»

«La suspension des garanties constitutionnelles a été approuvée pour que les forces armées et la police nationale puissent être en mesure de contenir la vague de violence qui s'est emparée du pays», a annoncé vendredi soir à la télévision nationale Ebal Diaz, membre du conseil des ministres.

Face aux risques, les magasins ont fermé plus tôt que prévu vendredi. Des images de télévision ont montré des habitants faisant la queue devant des stations d'essence et des distributeurs de billets pendant que des groupes de pillards étaient vus emportant des téléviseurs et des machines à laver volés dans des centres commerciaux.

Les Honduriens se sont aussi précipités dans les supermarchés pour faire des provisions de nourriture. Les principales routes et les circuits de livraison étaient bloqués à travers le pays par des manifestants en colère.

Soupçons d'irrégularités

Dans un premier temps, le décompte de 70% des voix donnait l'avantage à Salvador Nasralla et l'un des quatre membres du tribunal électoral, Marcos Ramiro Lobo, affirmait que cette avance était «irréversible» selon les experts techniques. Mais Juan Orlando Hernandez est ensuite passé devant avec le dépouillement d'un peu plus de 80% des votes, une bascule qui a alimenté les soupçons d'irrégularités.

Un millier d'urnes, représentant à peu près 6% des voix, devraient être dépouillées à la main à cause d'irrégularités, a précisé David Matamoros, le président du tribunal électoral du pays. A ce stade du décompte des voix, Juan Orlando Hernandez, soutenu par les Etats-Unis, dispose d'une avance de moins de 50'000 voix, soit 1,5%, sur Salvador Nasralla.

De son côté, le candidat arrivé en troisième position, le libéral Luis Zelaya (14,75%), a affirmé que Nasralla avait remporté les élections et l'a félicité. «Si l'élection a été entachée d'une fraude évidente et que l'autoritarisme du président se renforce, cela va discréditer le processus (électoral)», a prévenu l'analyste Victor Meza.

«Vol de la présidence»

Avant la proclamation de l'état d'urgence, le dirigeant de l'opposition Juan Barahona a appelé à protester dans chaque quartier. «Jour et nuit, nous allons descendre dans la rue car c'est la seule façon de revenir sur ce vol de la présidence», a-t-il déclaré.

La communauté internationale observe avec une inquiétude croissante l'aggravation de la crise politique au Honduras. Ce pays connaît l'un des taux de meurtre les plus élevés au monde en raison notamment de la présence de bandes de narcotrafiquants. (afp/ats/nxp)

Créé: 02.12.2017, 03h59

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