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BrésilAvec la grève, les œufs se vendent à prix d'or

Dans un pays paralysé par la grève des routiers, l'approvisionnement en produits frais est désormais un problème.

Avec la grève des routiers, le Brésil connait d'important problèmes d'approvisionnement. (Photo d'archives)
Avec la grève des routiers, le Brésil connait d'important problèmes d'approvisionnement. (Photo d'archives)
AFP

Une quarantaine de clients font la queue dans un marché de gros brésilien, prêts à payer des œufs à prix d'or tant les produits frais sont devenus rares dans ce pays paralysé par la grève des routiers.

Dans la matinée, un convoi d'environ 150 camions escorté par l'armée avait permis d'approvisionner le Ceasa, le plus important marché de gros de Rio de Janeiro. Les stands ont commencé à se remplir, mais ils étaient désespérément vides au plus fort de la grève, qui a commencé il y a neuf jours.

Le stand du groupe Mantiqueira a enfin pu rouvrir mardi, grâce à l'arrivée de trois camions remplis d'œufs, introuvables depuis plusieurs jours dans les supermarchés de Rio.

«C'est compliqué pour tout le monde à cause de cette pénurie. Beaucoup de cargaisons d'œufs ont été volées, mais Dieu merci nous pouvons en vendre aujourd'hui», explique Dulce Azevedo, vendeuse de Mantiqueira au Ceasa.

100'000 poules sacrifiées

Mais l'omelette a un goût particulièrement salé, coûtant deux fois plus cher qu'avant la grève. Le groupe a par ailleurs annoncé avoir dû sacrifier 100'000 poules pondeuses qui n'avaient pas pu être alimentées à cause des problèmes d'approvisionnement.

Dans un supermarché du centre-ville de Rio, quelques fruits et légumes font leur retour sur les étals, mais les clients ont du mal avec les prix pratiqués. «C'est absurde! Ils disent qu'ils ont du mal à faire venir les produits, mais ils en profitent aussi», se plaint Maria José Fermim, retraitée de 62 ans.

La grève des transporteurs routiers a mis en évidence la vulnérabilité du gouvernement, qui pensait avoir mis fin à la grève dimanche en cédant aux principales revendications, annonçant notamment une baisse significative du prix du gazole.

De nombreux grévistes restent pourtant mobilisés, même si la décision du président conservateur Michel Temer de faire appel à l'armée pour escorter des cargaisons a permis d'assurer une sorte de service minimum de l'approvisionnement.

Bagarres entre automobilistes

«Sans l'armée, on ne pourrait rien vendre. On a peur d'être caillassés ou même de se faire tirer dessus», explique Jonas José Tomas, maraîcher de 52 ans qui a pu livrer ses légumes au Ceasa pour la première fois depuis le début de la grève grâce à l'escorte de mardi.

Les escortes ont surtout été utilisées pour faire parvenir des camions-citerne dans des raffineries, mais le peu de stations-service ravitaillées sont aussitôt prises d'assaut par des automobilistes prêts à affronter des files d'attente kilométriques.

Dans une station-service de Sao Paulo, la capitale économique du Brésil, un journaliste de l'AFP a vu la police s'interposer pour interrompre une bagarre après qu'un automobiliste en eut accusé un autre de lui passer devant dans la queue. «Cela fait déjà trois heures que j'attends. Très peu de stations-service ont de l'essence et quand il y en a, c'est le bazar», décrit Carlos Coelho, agent de sécurité de 53 ans.

Maria da Graça, 60 ans, qui travaille dans une maison d'édition de Sao Paulo, ne cache pas son désarroi au beau milieu de la file d'attente. «Tant que nos gouvernants s'occupent d'eux-mêmes et non pas du peuple, rien ne va changer».

AFP

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