L’étau Mueller se resserre sur la campagne de Trump

États-UnisLe procureur spécial propose que Michael Flynn, un ancien proche du président, échappe à la prison pour avoir coopéré à l’enquête.

L’ancien général Michael Flynn, à l’époque où il était le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

L’ancien général Michael Flynn, à l’époque où il était le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Image: Reuters

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«Lock her up!» (Emprisonnez-la!) Lors de la convention républicaine en juillet 2016 à Cleveland, le général Michael Flynn avait réclamé avec insistance l’incarcération d’Hillary Clinton, l’adversaire démocrate de Donald Trump pour la Maison-Blanche. Mardi, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale du président, a probablement échappé lui-même à la prison dans le cadre de l’enquête de Robert Mueller sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Le procureur spécial a recommandé à la Cour que Michael Flynn ne soit pas incarcéré pour avoir menti au FBI sur ses contacts avec l’ambassadeur de Russie aux États-Unis pendant la période de transition entre la présidence de Barack Obama et celle de Donald Trump en décembre 2016.

Robert Mueller justifie sa position en soulignant la coopération «substantielle» du prévenu et les «informations de première main» pour son enquête sur «les liens ou la coopération entre le gouvernement russe et des individus associés avec la campagne du président Donald Trump». Le procureur spécial mentionne aussi l’apport de Michael Flynn dans une enquête criminelle dont la cible n’a pas été révélée et dans une autre enquête, elle aussi gardée secrète.

Nombreux entretiens

Robert Mueller précise que Michael Flynn a participé à 19 entretiens avec son équipe et a partagé des documents et des communications dont la teneur n’est pas révélée dans les documents publics. Leur contenu est en revanche connu du juge fédéral Emmet Sullivan, qui tranchera le 18 décembre sur le sort de Michael Flynn.

L’ancien général avait plaidé coupable il y a une année. Depuis ce moment-là, sa sentence avait été reportée à plusieurs reprises pour lui permettre de coopérer avec l’équipe de Robert Mueller. Le procureur spécial doit en outre révéler vendredi des détails sur la coopération de Michael Cohen, l’ancien avocat de Donald Trump. Celui-ci avait reconnu jeudi dernier avoir menti au Congrès sur les négociations de Donald Trump pour construire une Trump Tower à Moscou en 2016, au moment où la Russie cherchait à influencer l’élection présidentielle américaine.

J’ai mis zéro argent, zéro garantie et n’ai pas fait le projet. Chasse aux sorcières!

Donald Trump a critiqué la démarche de son ancien avocat le 30 novembre sur Twitter. «Contre toute attente, je décide de faire campagne pour la présidence et de continuer à gérer mes affaires – très légal et très cool», a-t-il écrit ce jour-là. «J’en ai parlé pendant la campagne et j’ai brièvement regardé pour construire un bâtiment quelque part en Russie. J’ai mis zéro argent, zéro garantie et n’ai pas fait le projet. Chasse aux sorcières!»

Autre révélation attendue vendredi: Robert Mueller doit expliquer en quoi Paul Manafort, l’ancien chef de campagne de Donald Trump, n’a pas respecté les conditions de son propre plaider coupable. Le «New York Times» a notamment révélé la semaine dernière que les avocats de Paul Manafort avaient continué à coopérer avec ceux de Donald Trump ces derniers mois, malgré la décision de leur client d’aider le procureur spécial.

Donald Trump est obnubilé depuis des semaines par l’enquête de Robert Mueller. Le président américain a remplacé le mois dernier son ministre de la Justice, Jeff Session, qui s’était récusé de cette enquête. À sa place, il a nommé par intérim Matt Whitaker, un homme qui a critiqué le travail de Robert Mueller par le passé. Cette décision a été dénoncée mardi par 400 anciens employés du Département de la justice.

Bataille au Congrès

Au Congrès, les efforts de certains sénateurs pour protéger le procureur spécial face à un possible renvoi par Donald Trump sont paralysés. Mercredi dernier, le sénateur républicain Mike Lee a bloqué un projet de loi allant dans ce sens. «Personne, ni même le président des États-Unis, n’est au-dessus des lois», a dénoncé Cory Booker, le sénateur démocrate du New Jersey et l’un des cosponsors du projet de loi. «Nous devons agir rapidement pour protéger et assurer cet idéal démocratique.»

(TDG)

Créé: 05.12.2018, 22h07

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