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Est-ce le début d'une destitution pour Trump?

Les accusations d'ingérence russe dans des élections aux Etats-Unis ou en Europe placent le président américain en fâcheuse posture. Peut-il être destitué?

L'ex-directeur du FBI James Comey a admis dimanche que de «véritables négligences» avaient été commises par la police fédérale au début de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016. (Dimanche 15 décembre 2019)
L'ex-directeur du FBI James Comey a admis dimanche que de «véritables négligences» avaient été commises par la police fédérale au début de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016. (Dimanche 15 décembre 2019)
AFP
Roger Stone, ancien conseiller de longue date de Donald Trump, a été reconnu coupable vendredi de mensonge au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. (Samedi 16 novembre 2019)
Roger Stone, ancien conseiller de longue date de Donald Trump, a été reconnu coupable vendredi de mensonge au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. (Samedi 16 novembre 2019)
Keystone
GRAND RAPIDS, MICHIGAN - MARCH 28: Donald Trump Jr. talks to the press before the arrival of his father President Donald Trump during a rally at the Van Andel Arena on March 28, 2019 in Grand Rapids, Michigan. Grand Rapids was the final city Trump visited during his 2016 campaign.   Scott Olson/Getty Images/AFP
GRAND RAPIDS, MICHIGAN - MARCH 28: Donald Trump Jr. talks to the press before the arrival of his father President Donald Trump during a rally at the Van Andel Arena on March 28, 2019 in Grand Rapids, Michigan. Grand Rapids was the final city Trump visited during his 2016 campaign. Scott Olson/Getty Images/AFP
AFP
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Le procureur spécial Robert Mueller enquêtant sur une ingérence russe présumée dans la présidentielle américaine a mis en accusation lundi trois membres de l'équipe de campagne de Donald Trump. Ainsi son ancien directeur Paul Manafort et son associé Richard Gates doivent faire face à 12 chefs d'inculpation, dont complot contre les Etats-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non-déclaration de comptes détenus à l'étranger. Un de ses ex-conseillers, George Papadopoulos, a lui avoué avoir menti au FBI sur ses contacts avec Moscou.

L'affaire est donc grave pour le président américain qui continue de clamer son innocence. Il a affirmé sur Twitter que les charges contre Manafort concernaient des faits d'avant campagne et répété qu'il n'y avait pas «collusion», soit une entente secrète entre deux ou plusieurs personnes pour agir en fraudant les droits d'un tiers. Mais le mot destitution commence à se faire de plus en plus entendre outre-Atlantique.

Car l'accusation de complot contre les Etats-Unis au sein même de l'entourage du président est inédite dans l'histoire américaine. Va-t-elle être suffisante pour faire tomber Trump? Selon le site américain Slate, cette accusation n'équivaut pas à une présomption de trahison. Et selon la BBC, qui s'est elle aussi penchée sur le texte, un individu seul ne peut pas être accusé de complot contre les Etats-Unis.

Pour Marie-Cécile Naves, auteur de l'ouvrage «Trump, l’onde de choc populiste», interrogée par BFMTV, il est difficile de dire précisément ce qu'il va se passer. Pour elle, la menace ne vient pas de Manafort et Gates, mais plutôt des aveux de Papadopoulos. «C'est potentiellement compliqué pour le président notamment parce que George Papadopoulos est en train de se mettre à parler. Très clairement, ce qui intéresse Robert Mueller, c'est la possible collusion avec la Russie. Or, avec Papadopoulos, il y a des liens qui commencent à s'établir», a-t-elle confié.

Pour Susan Milligan, journaliste spécialiste de la politique américaine, interrogée sur le site Ouest-France.fr, Robert Mueller ne fait que commencer et il y aura encore bien d'autres inculpations. «Ces premières inculpations vont lui servir de levier afin de récolter plus d’informations compromettantes», explique-t-elle. D'autres têtes vont tomber, croit-elle. Et de citer Michael Flynn, l'ex-conseiller à la Sécurité nationale de Trump. Mais selon elle, «ce qui déstabiliserait vraiment Trump, ce serait une inculpation de l’un des membres de sa famille, comme son gendre Jared Kushner».

Pour la journaliste, cette affaire est un pas vers sa destitution. «Il s’agit d’un tournant en direction de son déclin», estime-t-elle. «Ces inculpations vont rendre la Maison Blanche plus faible et les membres du Congrès moins enclins à la soutenir.»

Gros doutes

Mais beaucoup doutent d'une destitution: le journal australien The Sydney Morning Herald estime qu'on en est même très loin. D'abord, rien dans les accusations de Robert Mueller ne vise directement Trump lui même, estime le journal. Ensuite, même si c'était le cas, est-ce que le Congrès serait prêt à voter une procédure d'impeachment? La destitution n'est pas un processus de justice mais un processus politique, rappelle-t-il.

En effet, à ce stade, il est fort peu probable que le Congrès en arrive là, même s'il y avait clairement des preuves de collusion contre Trump. Car pour l'instant, si le président américain bat des records d'impopularité aux Etats-Unis, il bénéfice d'un soutien indéfectible de sa base républicaine. Et selon un sondage publié le 30 octobre, 38% des Américains approuvent la politique de leur président.

Pétition et récompense du privé

La pression populaire va-t-elle faire bouger les choses? Ainsi, le milliardaire américain Tom Steyer a publié récemment sur sa chaîne YouTube une vidéo dans laquelle il annonce une campagne à 10 millions de dollars pour destituer Trump. Il l'accuse notamment d’avoir conduit les Etats-Unis au bord d’un affrontement nucléaire, d’avoir pris l’argent de Moscou ou d’avoir empêché le FBI de faire son travail. Sa pétition a recueilli plus d'un million de signatures depuis le 19 octobre, selon plusieurs médias.

En outre, le roi du porno Larry Flynt a lui aussi offert 10 millions de dollars à qui permettra de destituer Trump. L'homme met en question la légitimité de l'élection du président, citant notamment l'enquête russe et la sabotage de l'accord de Paris sur le climat. «Mais le plus préoccupant, c'est que bien avant l'apocalypse qui résultera du changement climatique, Trump pourrait déclencher une guerre nucléaire mondiale», a-t-il expliqué en référence à la crise avec la Corée du Nord.

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