Donald Trump unit l'opposition démocrate contre lui

États-UnisLes attaques du président contre quatre députées démocrates de couleur ont uni l’opposition divisée.

De g. à dr., Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley, démocrates surnommées L’Escouade.

De g. à dr., Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley, démocrates surnommées L’Escouade. Image: Keystone

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Le divorce menaçait d’être consommé. L’opposition démocrate à Donald Trump se déchirait depuis des semaines. D’un côté, l’aile progressiste emmenée par quatre députées de couleur qui forment le noyau dur de la résistance à Donald Trump et ont été surnommées «The Squad» («L’Escouade»). De l’autre, Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, et les élus modérés du parti démocrate, qui privilégient une stratégie moins agressive contre Donald Trump.

Ces divisions menaçaient de paralyser l’opposition à deux semaines des prochains débats pour l’élection présidentielle de 2020 à Detroit, dans le Michigan. Les attaques xénophobes de Donald Trump contre les quatre nouvelles stars de la gauche américaine – Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley – ont néanmoins changé la donne en ce début de semaine. Les tweets du président des États-Unis dans lesquels il disait aux quatre parlementaires de «retourner» dans les pays d’où elles viennent ont immédiatement provoqué une union sacrée de l’opposition contre lui.

Trois des quatre femmes visées par Donald Trump sont nées aux États-Unis. Alexandria Ocasio-Cortez est New-Yorkaise et les parents de la parlementaire sont originaires de Porto Rico, un protectorat américain. Ayanna Pressley, une représentante du Massachusetts, est née dans l’Ohio de parents afro-américains. Seule Ilhan Omar, une élue du Minnesota, est née en Somalie mais a grandi aux États-Unis. Donald Trump a d’ailleurs concentré ses attaques sur elle, l’accusant à tort d’avoir loué Al-Qaïda.

Une nouvelle rafale de tweets, dans lesquels le président a aussi accusé mardi les quatre femmes d’être «proterroristes» et a assuré n’avoir «aucun os raciste» dans son corps, a encore durci les fronts. La Chambre des représentants a débattu dans une atmosphère électrique mardi après-midi une résolution condamnant les propos du président qui devait être votée dans la soirée. «J’espère que cette Chambre sera unie pour dénoncer les attaques xénophobes de cette Maison-Blanche contre nos membres et notre peuple», a affirmé Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants à majorité démocrate. «Tout le monde devrait se joindre à nous pour condamner les tweets racistes du président. Dans le cas contraire, ce serait une renonciation honteuse du serment que nous avons prêté pour défendre les Américains.»

Ces propos ont provoqué l’indignation des républicains, qui ont fait bloc derrière le président. Kevin McCarthy, le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, a assuré que les attaques de Donald Trump contre les quatre élues de couleur n’étaient pas racistes. Dan Meuser, un élu conservateur de Pennsylvanie, a accusé l’opposition de «harcèlement» contre un Donald Trump, qu’il a dépeint comme un défenseur des valeurs américaines contre le «socialisme». Et Sean Duffy, un élu ultraconservateur du Wisconsin, a accusé les quatre élues visées par Donald Trump d’être «anti-américaines».

Les démocrates, emmenés par une Nancy Pelosi qui, ces dernières semaines, a fait l’objet de critiques de la part des quatre élues progressistes, ont réaffirmé leur volonté de se battre contre le «préjudice». En mettant de côté leurs disputes, les opposants à Donald Trump ont aussi réitéré leur détermination à ne pas tomber dans le piège que leur tend le président. «Sa seule tactique a été de nous diviser, d’attiser la peur de l’autre et d’affirmer que les immigrants sont responsables de son incapacité à faire en sorte que les salaires suivent le rythme de notre économie», a assuré Katherine Clark, une représentante démocrate. «Les classes moyennes et les travailleurs sont les perdants de la politique de cette administration [Trump]. Il utilise la haine, le racisme et les préjugés pour détourner l’attention et diviser. […] Et nous, les démocrates de la Chambre des représentants, devons le dénoncer.»

Créé: 16.07.2019, 22h47

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